Christine de Pisan, figure emblématique de la littérature médiévale, nous offre avec ‘A Dieu Vous Di, Gracieuse aux Beaulz Yeux’ un poème poignant qui évoque la souffrance d’un amour non réciproque. Écrite au début du 15ᵉ siècle, cette œuvre explore des thèmes d’amour, de désir et de séparation, s’inscrivant ainsi dans le contexte d’une époque où les expressions de sentiments sont à la fois riches et nuancées.
Puis qu’ainsi est que je ne vous puis plaire,
Ma belle amour, ma dame souveraine,
Pour nul travail que mete a vous complaire,
Je n’y fais riens fors que perdre ma peine;
Ainçois me lairiez mourir,
Que daignissiez le mal que j’ay garir.
Si ne vueil plus vous faire l’anuieux,
A
Dieu vous di, gracieuse aux beaulz yeux.
Ce poise moy, quant je ne puis attraire
Vostre doulz cuer, car je vous acertaine
Que se pleü vous eüst mon affaire,
Oncques plus fort
Paris n’ama
Heleine
Que feisse vous; mais pourrir
Y pourroie attendant que merir
Me deüssiez; et pour ce, pour le mieulx,
A
Dieu vous di, gracieuse aux beaulz yeulx.
Et non pourtant ne m’en vueil si retraire,
Que s’il est riens, de ce soiez certaine,
Que je puisse pour vous dire ne faire
A vostre gré, dame de doulçour pleine,
Je le feray, mais perir
Me laisseriez ainçois que secourir
Me voulsissiez; pour ce, ains que soie vieulx,
A
Dieu vous di, gracieuse aux beaulz yeulx.
Ma belle amour, ma dame souveraine,
Pour nul travail que mete a vous complaire,
Je n’y fais riens fors que perdre ma peine;
Ainçois me lairiez mourir,
Que daignissiez le mal que j’ay garir.
Si ne vueil plus vous faire l’anuieux,
A
Dieu vous di, gracieuse aux beaulz yeux.
Ce poise moy, quant je ne puis attraire
Vostre doulz cuer, car je vous acertaine
Que se pleü vous eüst mon affaire,
Oncques plus fort
Paris n’ama
Heleine
Que feisse vous; mais pourrir
Y pourroie attendant que merir
Me deüssiez; et pour ce, pour le mieulx,
A
Dieu vous di, gracieuse aux beaulz yeulx.
Et non pourtant ne m’en vueil si retraire,
Que s’il est riens, de ce soiez certaine,
Que je puisse pour vous dire ne faire
A vostre gré, dame de doulçour pleine,
Je le feray, mais perir
Me laisseriez ainçois que secourir
Me voulsissiez; pour ce, ains que soie vieulx,
A
Dieu vous di, gracieuse aux beaulz yeulx.
En conclusion, ‘A Dieu Vous Di, Gracieuse aux Beaulz Yeux’ nous invite à réfléchir sur la profondeur de l’amour et la douleur de la perte. Si vous souhaitez découvrir davantage de poèmes touchants de Christine de Pisan, n’hésitez pas à explorer notre sélection.