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Anacréontiques

Anacréontiques - Forme Poètique

Anacréontiques

Les anacréontiques sont des vers dans un mètre utilisé par le poète grec Anacréon dans ses poèmes traitant de l’amour et du vin. Ses imitateurs grecs ultérieurs (dont les poèmes survivants sont connus sous le nom d’Anacreontea) ont repris les mêmes thèmes et utilisé le mètre anacréontique. Dans la poésie moderne, les anacréontiques sont de courtes pièces lyriques qui conservent le sujet anacréontique mais pas le mètre.

Un extrait d’un ancien traité métrique concernant l’anacréontique indique que la longueur de toutes les syllabes sauf la première est marquée ; la dernière syllabe est marquée comme anceps. Au début de la description, il est rapporté que certains appellent l’anacréontique « Parionique » à cause de sa ressemblance avec la « classe des mètres ioniques ».

Le vers anacréontique ou anacréonteus est le vers de huit syllabes u u – u – u – – (où u = brève et – longue). Il a été suggéré que l’anacréontique, dans son origine, pourrait être une variante « anaclaste » du dimètre ionique (u u – – u u – –), c’est-à-dire un dimètre ionique avec les 4ème et 5ème syllabes inversées ; mais qu’il en soit ainsi ou non, les deux mètres ont été associés depuis Anacréon, qui les utilisait souvent ensemble dans ses compositions.

Un exemple d’anacréontiques du corpus d’Anacréon est fr. 11b PMG, qui se termine comme suit :

ἄγε δηὖτε μηκέτ’ οὕτω πατάγωι τε κἀλαλητῶι Σκυθικὴν πόσιν παρ’ οἴνωι μελετῶμεν, ἀλλὰ καλοῖς ὑποπίνοντες ἐν ὕμνοις.

Dans cet extrait, les quatre premières lignes sont des anacréontiques, tandis que la dernière est un dimètre ionique.

Le rythme anacréontique se retrouve également dans la poésie classique persane, par exemple dans l’exemple suivant du poète Saadi du 13e siècle :

man agar nazar harām ast * bas-ī gonāh dāram če konam? nemītavānam * ke nazar negāh dāram.

« Si regarder est interdit, j’ai beaucoup de péchés. Que dois-je faire ? Je ne peux pas m’empêcher de regarder! »

Dans la poésie anglaise, les anacréontiques désignent de courtes pièces lyriques, de nature simple, traitant de l’amour et du vin. Le terme anglais semble avoir été utilisé pour la première fois en 1656 par Abraham Cowley, qui a intitulé une section de ses poèmes « anacreontiques » parce qu’ils étaient paraphrasés des écrits dits d’Anacréon dans un mètre familier qui était censé représenter le mètre grec.

Une demi-siècle plus tard, lorsque la forme avait été beaucoup cultivée, John Phillips (1631–1706) a établi la règle arbitraire selon laquelle une ligne anacréontique « se compose de sept syllabes, sans être liée à aucune loi précise de quantité. » Au 18ème siècle, l’antiquaire William Oldys (1696–1761) était l’auteur d’un petit poème qui est le type parfait d’un anacréontique ; celui-ci commence :

« Busy, curious, thirsty fly, Drink with me, and drink as I; Freely welcome to my cup, Could’st thou sip and sip it up. Make the most of life you may; Life is short and wears away. »

En 1800, Thomas Moore a publié une collection d’anacréontiques érotiques qui sont également typiques dans leur forme ; Moore parle de la nécessité de capturer « la facilité désinvolte avec laquelle Anacréon semble s’être amusé, » comme une raison pour laquelle les anacréontiques sont souvent ternes et sans valeur. Il insiste, de plus, sur l’absurdité d’écrire des « anacréontiques pieux », un exploit, cependant, qui a été accompli par plusieurs poètes chrétiens grecs, notamment par Grégoire de Nazianze et Jean de Damas.

Exemple de poème anacréontique en français

Où es-tu, douce compagne, À la lueur du vin doré ? Levons nos coupes, sans drame, Chantons l’amour, le cœur léger.

Des rires, des éclats de voix, Sous les étoiles, la nuit s’étend, La vie est brève, profitons-en, Savourons chaque instant, lentement.

Embrasons nos âmes en fête, Sous les ombres, la lumière danse, La joie en nous, douce conquête, Chaque gorgée est une romance.

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