Le poème ‘Avril est le plus cruel des mois’ de T. S. Eliot, extrait de son œuvre majeure ‘La Terre Vaine’, illustre la lutte entre la mémoire et le désir, évoquant la dualité du renouveau printanier. Écrit au début du 20ᵉ siècle, ce poème s’inscrit dans un contexte de désillusion post-guerre, faisant résonner profondément ses thèmes universels et intemporels.
Avril est le plus cruel des mois, il engendre
Des lilas qui jaillissent de la terre morte, il mÊle
Souvenance et dÃĐsir, il rÃĐveille
Par ses pluies de printemps les racines inertes.
Lâhiver nous tint au chaud, de sa neige oublieuse
Couvrant la terre, entretenant
De tubercules secs une petite vie.
LâÃĐtÃĐ nous surprit, portÃĐ par lâaverse
Sur le Starnbergersee ; nous fÃŪmes halte sous les portiques
Et poussÃĒmes, lâÃĐclaircie venue, dans le Hofgarten,
Et puis nous prÃŪmes du cafÃĐ, et nous causÃĒmes.
Bin gar keine Russin, stammâaus Litauen, echt deutsch.
Et lorsque nous ÃĐtions enfants, en visite chez lâarchiduc
Mon cousin, il mâemmena sur son traÃŪneau
Et je pris peur. Marie, dit-il,
Marie, cramponne-toi. et nous voilà partis !
Dans les montagnes, câest là quâon se sent libre.
Je lis, presque toute la nuit, et lâhiver je gagne le sud.
Quelles racines sâagrippent, quelles branches croissent
Parmi ces rocailleux dÃĐbris ? Ã fils de lâhomme,
Tu ne peux le dire ni le deviner, ne connaissant
Quâun amas dâimages brisÃĐes sur lesquelles frappe le soleil :
Lâarbre mort nâoffre aucun abri, la sauterelle aucun rÃĐpit,
La roche sÃĻche aucun bruit dâeau. Point dâombre
Si ce nâest là , dessous ce rocher rouge
(Viens tâabriter à lâombre de ce rocher rouge)
Et je te montrerai quelque chose qui nâest
Ni ton ombre au matin marchant derriÃĻre toi,
Ni ton ombre le soir surgie à ta rencontre ;
Je te montrerai la peur dans une poignÃĐe de poussiÃĻre.
Extrait de:
2006, La Terre Vaine, (Points PoÃĐsie)
Des lilas qui jaillissent de la terre morte, il mÊle
Souvenance et dÃĐsir, il rÃĐveille
Par ses pluies de printemps les racines inertes.
Lâhiver nous tint au chaud, de sa neige oublieuse
Couvrant la terre, entretenant
De tubercules secs une petite vie.
LâÃĐtÃĐ nous surprit, portÃĐ par lâaverse
Sur le Starnbergersee ; nous fÃŪmes halte sous les portiques
Et poussÃĒmes, lâÃĐclaircie venue, dans le Hofgarten,
Et puis nous prÃŪmes du cafÃĐ, et nous causÃĒmes.
Bin gar keine Russin, stammâaus Litauen, echt deutsch.
Et lorsque nous ÃĐtions enfants, en visite chez lâarchiduc
Mon cousin, il mâemmena sur son traÃŪneau
Et je pris peur. Marie, dit-il,
Marie, cramponne-toi. et nous voilà partis !
Dans les montagnes, câest là quâon se sent libre.
Je lis, presque toute la nuit, et lâhiver je gagne le sud.
Quelles racines sâagrippent, quelles branches croissent
Parmi ces rocailleux dÃĐbris ? Ã fils de lâhomme,
Tu ne peux le dire ni le deviner, ne connaissant
Quâun amas dâimages brisÃĐes sur lesquelles frappe le soleil :
Lâarbre mort nâoffre aucun abri, la sauterelle aucun rÃĐpit,
La roche sÃĻche aucun bruit dâeau. Point dâombre
Si ce nâest là , dessous ce rocher rouge
(Viens tâabriter à lâombre de ce rocher rouge)
Et je te montrerai quelque chose qui nâest
Ni ton ombre au matin marchant derriÃĻre toi,
Ni ton ombre le soir surgie à ta rencontre ;
Je te montrerai la peur dans une poignÃĐe de poussiÃĻre.
Extrait de:
2006, La Terre Vaine, (Points PoÃĐsie)
À travers sa réflexion sur la cruauté ambivalente d’Avril, Eliot invite à une contemplation plus profonde sur la vie et la mort. Explorez davantage les œuvres de cet auteur emblématique pour découvrir d’autres facettes de sa vision poétique.