La Jeune Fille aux Rats, un poème captivant de Marie Etienne, plonge le lecteur dans l’univers complexe de la mémoire, de la solitude et de la quête identitaire. Écrite au 21ᵉ siècle, cette œuvre se démarque par sa profondeur émotionnelle et ses images saisissantes, reflétant les luttes intérieures de son personnage face à un monde parfois oppressant.
Tôt le matin je suis dans une chambre Inattendue les volets sont fermés Le lit couvert par un velours passé À fleurs marron comme chez ma grand’mère La fenêtre est derrière je suis assise Dans un fauteuil Claire est assise en face Sur le parquet contre le bois du lit Sa tête penche je la dresse la mets Debout elle est trempée par la sueur Je la prends dans mes bras «Allonge-toi Je la prends dans mes bras « Allonge-toi — Non », me dit-elle et retourne s’asseoir Je ne vois pas la foule mais je l’entends Chanter une prière depuis la rue Si proche que j’ai peur nous sommes seules Robbe en allé pour un voyage au loin M’a fait porter par le gérant du bar Voisin quelques photos pornographiques Sur un carton à part je lis ces mots « Tu es l’Agate à cœur de Cristobal » « Tu es l’Agate à cœur de Cristobal » Le message n’en dit pas plus je cours Sur le palier je dévale les marches Qui se couvrent de rats Pour éviter De les toucher je prends de la hauteur Ils en prennent aussi en devenant Des porcs Le tenancier resté en haut Se penche par-dessus la rampe et crie « Robbe est parti ne faites pas d’erreurs À notre époque les anges n’ont plus d’ailes» «A notre époque les anges n ‘ont plus d’ailes » Je réfléchis à mon parcours à pied Et me décide pour la passerelle En fer qui surplombe la voie ferrée «Puisje prendrai la rue en direction De la montagne » C’est le trajet qu’enfant J’effectuais pour me rendre au lycée Il prenait vingt minutes «J’ai bien le temps Me dis-je de téléphoner avant De m’éloigner » Mais la cabine est sale «De m’élmgner» Mais la cabine est sale Je dois contourner un tas blanc et mou Pour atteindre le téléphone Alors Que je pensais avoir tiré la porte Un garçon entre sans un mot d’excuse Il se conduit comme s’il était chez lui S’accoude familier contre la vitre Nous sommes à l’étroit et enfermés Avec la chose qui nous sépare et nous Rassemble mieux vaut remettre à plus tard
Ce poème invite à une réflexion personnelle sur la solitude et les choix de vie que chacun doit affronter. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de Marie Etienne pour découvrir d’autres facettes de sa poésie unique.