Le poème ‘Le Rossignol’ de Catulle Mendès est une œuvre touchante qui explore les profondeurs de l’amour et de la souffrance. Écrit à la fin du 19ᵉ siècle, il met en lumière les sentiments complexes d’un amoureux jaloux, symbolisé par le chant mélancolique d’un rossignol. À travers ses vers, Mendès invite les lecteurs à ressentir la douleur et la beauté d’un amour non réciproque.
C’était un soir du mois où les grappes sont mûres,
Et celle que je pleure était encore là.
Muette, elle écoutait ton chant sous les ramures,
Élégiaque oiseau des nuits, Philoméla !
Attentive, les yeux ravis, la bouche ouverte,
Comme sont les enfants au théâtre Guignol,
Elle écoutait le chant sous la frondaison verte,
Et moi je me sentis jaloux du rossignol.
» Belle âme en fleur, lilas où s’abrite mon rêve,
Disais-je, laisse là cet oiseau qui me nuit.
Ah ! méchant coeur, l’amour est long, la nuit est brève ! »
Mais elle n’écoutait qu’une voix dans la nuit.
Alors je crus subir une métamorphose !
Et ce fut un frisson dont je faillis mourir.
Dans un être nouveau ma vie était enclose,
Mais j’avais conservé mon âme pour souffrir.
Un autre était auprès de la seule qui m’aime,
Et tandis qu’ils allaient dans l’ombre en soupirant,
Ô désespoir, j’étais le rossignol lui-même
Qui sanglotait d’amour dans le bois odorant.
Puis elle s’éloigna lentement, forme blanche
Au bras de mon rival assoupie à moitié ;
Et rien qu’à me voir seul et triste sur ma branche,
Les étoiles du ciel s’émurent de pitié.
Ce fut tout ; seulement, dès l’aurore prochaine
(Je n’ai rien oublié : c’était un vendredi)
Des enfants qui passaient virent au pied du chêne
Un cadavre d’oiseau déjà sec et roidi.
» Il est mort ! » dirent-ils, et, de son doigt agile,
L’un d’eux creusa ma fosse à l’ombre d’un roseau,
Et tout en refermant mes plumes sous l’argile,
Il priait le bon Dieu pour le petit oiseau.
Et celle que je pleure était encore là.
Muette, elle écoutait ton chant sous les ramures,
Élégiaque oiseau des nuits, Philoméla !
Attentive, les yeux ravis, la bouche ouverte,
Comme sont les enfants au théâtre Guignol,
Elle écoutait le chant sous la frondaison verte,
Et moi je me sentis jaloux du rossignol.
» Belle âme en fleur, lilas où s’abrite mon rêve,
Disais-je, laisse là cet oiseau qui me nuit.
Ah ! méchant coeur, l’amour est long, la nuit est brève ! »
Mais elle n’écoutait qu’une voix dans la nuit.
Alors je crus subir une métamorphose !
Et ce fut un frisson dont je faillis mourir.
Dans un être nouveau ma vie était enclose,
Mais j’avais conservé mon âme pour souffrir.
Un autre était auprès de la seule qui m’aime,
Et tandis qu’ils allaient dans l’ombre en soupirant,
Ô désespoir, j’étais le rossignol lui-même
Qui sanglotait d’amour dans le bois odorant.
Puis elle s’éloigna lentement, forme blanche
Au bras de mon rival assoupie à moitié ;
Et rien qu’à me voir seul et triste sur ma branche,
Les étoiles du ciel s’émurent de pitié.
Ce fut tout ; seulement, dès l’aurore prochaine
(Je n’ai rien oublié : c’était un vendredi)
Des enfants qui passaient virent au pied du chêne
Un cadavre d’oiseau déjà sec et roidi.
» Il est mort ! » dirent-ils, et, de son doigt agile,
L’un d’eux creusa ma fosse à l’ombre d’un roseau,
Et tout en refermant mes plumes sous l’argile,
Il priait le bon Dieu pour le petit oiseau.
En conclusion, ‘Le Rossignol’ de Catulle Mendès nous rappelle la vulnérabilité de l’amour et la tristesse de la perte. N’hésitez pas à découvrir d’autres œuvres de cet auteur poignant et à partager vos réflexions sur ce poème émouvant.