L’Écho du Temps Perdu
I.
Dans l’ombre d’un temple, jadis noble et sacré,
Où le temps semblait figé en un rêve éthéré,
Vibrait encore l’écho d’une antique destinée,
Mystère antique et d’or, en silence scellé.
Les pierres, usées par l’âcre souffle du vent,
Chantaient l’âme du passé nourrie d’un vieux chant,
Et dans ce lieu figé aux griefs de mille ans,
S’inscrivait le sceau funeste d’un retour dormant.
II.
Là, se dressait en vain l’espoir d’un doux refuge,
Où jadis se perçaient l’éclats d’un temps subterfuge.
Mais la rumeur des ombres, en un murmure vague,
Rappelait à l’âme en peine ses douleurs et ses bagues.
Au cœur de ce sanctuaire aux reliques oubliées,
Un poète maudit, l’esprit enfiévré, s’était figé,
Cherchant, dans l’obscur labyrinthe de ses pensées,
La vérité cruelle dont il avait tant rêvé.
III.
Moi, jeune poète de l’âme aux cendres incertaines,
Je marchais, l’âme en deuil, sur la pierre souveraine,
Bravant le temps et l’ombre d’un passé que l’on dédaigne,
Pour retrouver en vain mes douces heures d’hier.
Ma plume, arme fragile d’un cœur éperdu,
Traçait en vers mélancoliques et résolus
Les sentiers d’une quête où ma vie s’estompe,
Dans le temple antique, où tout doucement je trompe.
IV.
« Ô vérité, dis-moi, que cache ton cruel éclat ? »
S’exclamai-je, vain espoir, devant ce mur de fracas,
Où l’écho des souvenirs s’égare en fariboles,
Et redessine en mes rêves d’anciens rôles.
Chaque pierre semblait parler en langue oubliée,
Rappelant la noblesse d’un temps à jamais figé ;
Mais le destin, impitoyable, en son jeu de briques,
Était scellé pour mon âme en peine et antique.
V.
Je me souviens d’un matin où le ciel étincelait,
Où l’instant semblait promettre l’univers en bouquet ;
Alors, j’ai gravé sur ma peau le serment d’un retour,
Celui d’effacer le temps et ses amers détours.
Trop jeune à saisir la fatalité de mes vœux,
Je croyais pouvoir fuir l’ombre d’un adieu ;
Mais dans l’enceinte sacrée de ce temple ancien,
La vérité se dévoilait en un destin chagrin.
VI.
Les arches majestueuses, témoins des âges passés,
Gardaient en leur sein les secrets de l’homme lassé.
Sous voûtes de silence, dans des recoins voilés,
Je cherchais la réponse à mon désir refoulé.
Les larmes, perles d’amertume sur mon front las,
Descendaient en cadence, tel un malin présage,
Pendant que mon cœur, en proie aux démons du passé,
Murmurait à lui-même un chant d’ombre et de glacé.
VII.
Au détour d’un corridor, une voix, étrange et feutrée,
Softement, me dit : « Le temps n’est qu’une arme usée. »
Je repris ces mots, en mon âme en quête de repères,
Comme s’ils pouvaient briser mon cruel sentier d’hier.
« Comment puis-je, hélas, retourner en arrière,
Effaçant les regrets et l’agonie des misères ? »
L’air vibrait d’une tristesse indicible et pure,
Et le temple, en échos, répondait à mon murmure.
VIII.
« Ô voyageur égaré, faiseur de vers en naufrage, »
Chuchota l’ombre d’un vieillard, en sage présage,
« Le passé n’est qu’un mirage, prison de l’illusion,
Et nul ne peut revivre le charme des émotions. »
Ses mots, aussi durs que l’acier de l’oblivion,
Furent pour mon cœur le spectre de l’irréparable trahison.
Jamais plus ne saurait se délier l’instant d’antan,
Car pour retracer le temps, nul remède n’espoirant.
IX.
Ainsi, dans chaque recoin de ce lieu désolé,
Je cherchais en vain des fragments de mon passé,
Comme le souffle d’un rêve jadis par le temps dérobé,
Me rappelant la douceur d’un amour oublié.
L’horloge du destin battait son rythme fatal,
Et chaque vers que je composais portait ce glas.
Le retour en arrière, illusion cruelle et impassible,
Se mua en écho d’une quête pure, pourtant invisible.
X.
Les murs du temple, parés de fresques en décomposition,
Dévoilaient les peines d’âme de cette éternelle malédiction.
Chaque regard de pierre semblait transpercer la nuit,
Comme pour punir l’âme qui versait des larmes enfuies.
« La vérité, murmuraient-ils, se niche au cœur du passé ;»
Mais hélas, combien de fois ai-je, en vain, tenté
De saisir le voile ténu qui rendrait tout plus limpide,
Pour sceller mon destin sur une route insaisissable, aride.
XI.
Mon esprit se perdait dans l’immuable sillage,
Où chaque souvenir bruissait d’une douloureuse image.
Le miroir fêlé du temps reflétait mon âme en errance,
Délivrant l’amertume d’une inéluctable révérence.
« La quête de vérité est un chemin sans retour, »
Gronda la pierre, écho funeste d’un sombre détour.
Et je compris, à cet instant de tristesse infinie,
Que tout espoir de retour se noyait en mélancolie.
XII.
Dans un ultime élan, je gravis l’escalier ancestral,
Où brille encore la promesse d’un idéal fatal,
Celui d’effacer les jours, d’une main pudiquement lasse,
Et d’abandonner le présent en une ultime impasse.
Au sommet, face au sanctuaire des souvenirs effacés,
Je prononçai en vers ma douleur, mon rêve brisé,
« Ô Temps, que retournes en éclats mes doux instants,
Car je ne puis vivre sans l’ombre d’un passé aimant. »
XIII.
Mais le temps, implacable, demeurait en silence austère,
Et son cours, irrévocable, renfermait tant de misère.
Lui, le cruel tyran des secondes insaisissables,
Refusait de ployer devant l’âme inévitable.
Ainsi, dans la quiétude lugubre d’un soir sans retour,
Je compris que le destin offrait un funeste discours :
Qu’aucun retour aux jours d’or ne saurait me conquérir,
Et mon cœur, en exil, serait à jamais à souffrir.
XIV.
Tandis que le crépuscule peignait d’or les ruines d’un temps,
Je lettrais, le regard revenant sur mes rêves d’antan,
Chaque mot, chaque strophe, vibrant d’un spleen souverain,
S’inscrivait en lambeaux sur la toile de mon destin.
« Ô vérité, ô pourtant si cruelle dans ton éclat,
Permets que mon âme en peine se confesse à tes pas,
Que ma voix, en quête d’un passé désormais éteint,
Résonne dans les couloirs d’un temps aux vœux incertains. »
XV.
Dans un ultime dialogue, les pierres pleuraient en chœur,
« Le passé, cher enfant, n’est qu’un songe de douleur ;
Pourtant tes vers, si purs, tissent un pont vers l’infini,
Un augure d’une vie qui jamais ne fut définie. »
Mais leur langue de pierre, froide en sa constance,
N’offrait nulle rémission, nul espoir, nulle semblance
De retour au temps jadis, perdu dans l’horizon lointain,
Où l’ombre se confond avec le destin humain.
XVI.
Je restai là, seul, dans l’immensité des ruines,
Contemplant le passé dérobé aux lueurs opalines.
La vérité, cruelle maîtresse en ses atours funèbres,
M’avait dérobé l’espérance et ses heures alèbres.
Sous le firmament obscur, dans un ultime soupir,
Mon cœur en lambeaux s’ouvrit, telle une lyre à déchoir,
Murmurant, en un chagrin aux accents d’adieu,
Que nul retour, nul chemin, ne saurait être mieux.
XVII.
Dans une ultime strophe, nourrie d’un regret infini,
Je gravai mon nom et mon destin en un cri assombri :
« Je suis le poète maudit, errant sur l’autel des ans,
Qui a trop cherché la vérité en des lieux déchirants. »
Ce serment, scellé de larmes et d’un invincible spleen,
Se mua en un lourd fardeau porteur d’un destin malsain,
Car le temple ancien, gardien de tant de douleurs,
Emporta en son sein mon ultime espoir en fleurs.
XVIII.
Ainsi s’achève la quête d’un cœur en perdition,
Accablé par le temps, privé de toute rémission ;
La vérité, en son éclat, est bien une arme fatale
Qui condamne l’âme à errer en quête d’un écho pâle.
Le retour vers le passé demeure une chimère,
Impossible à saisir, hantant l’âme solitaire,
Et mon cœur, en proie aux affres d’un destin funeste,
Demeure en exil, criblé d’un chagrin irréparable, manifeste.
XIX.
Dans l’ultime écho d’un temple aux visions crénelées,
Je quittai ces reliques aux ombres désenchantées,
Le regard empli de larmes et d’une infinie tristesse,
Sachant que le retour en arrière n’offre que faiblesse.
Ma quête de vérité, si noble, si vaine et ardente,
S’est muée en un hommage douloureux à la vie décevante.
Le passé est un chemin froid, incompris et trop fragile,
Où les rêves meurent en silence dans l’ombre hostile.
XX.
Et dans le vent qui s’insinue en mon âme délaissée,
Le souvenir d’un temps jadis se reconstitue, épuisé ;
Mais l’espoir de retourner aux doux instants désormais perdus,
Se dissout, comme l’aurore dans l’instinct des jours superflus.
« Adieu, doux passé ! » murmurai-je, l’instant fatal venu,
Acquiesçant aux lois du monde et aux desseins inconnus,
Car je fus la proie d’un destin aux morsures irrémédiables,
La vérité en mon cœur étant d’une amertume ineffable.
XXI.
Dans l’ultime soupir de ce temple aux pierres fiévreuses,
Je laissai mon âme en offrande d’une douleur précieuse.
Chaque pas résonnait comme la fin d’une ère disparue,
Et dans le silence sacré, mon cœur fut vaincu.
Tel un orfèvre de l’instant, je scellai ma triste destinée,
Un retour impossible, une errance à jamais condamnée,
Pour que dans l’éternité se grave en un cri à nul autre pareil,
Le poème d’un être maudit, naufragé d’un temps sans soleil.
XXII.
Ainsi, ô lecteur, retiens la leçon de mes errances,
Que la quête de vérité ne rime qu’avec douloureuse errance ;
Car en cherchant à effacer l’ombre du passé envolé,
On risquerait de sombrer, à jamais, dans un néant glacé.
Le miroir du temps, si dur, ne laisse qu’un reflet brisé,
Où chaque souvenir s’efface en un sanglot arrêté ;
Et dans ce temple ancien, aux âmes aux cœurs déchirés,
Se cache le secret d’un destin à jamais marqué.
XXIII.
Aux portes de l’obscurité, le temps s’est fait sépulcre,
Et moi, poète maudit, j’entame ma chute obscure.
Le vent fredonne en mon honneur la complainte des regrets,
Tandis que mon âme en errance se perd dans ces secrets.
Mon encre, désormais témoin d’un amour et d’un adieu,
Se fissure dans l’ombre, versant l’essence d’un sang pieux,
Car nul retour n’existe vers les jours d’or qui s’effacent,
Et la vérité, implacable, scelle en mon cœur sa trace.
XXIV.
Dans le silence funeste, impérissable et souverain,
Je laisse mes mots s’envoler tel un ultime refrain,
Défiant l’inexorable, condamné à jamais l’instant,
Où tout espoir se meurt, comme l’onde d’un temps déclinant.
La quête de vérité, bien que noble et si vaine,
Se révèle être un chemin d’amertume et de peine,
Où l’on ne peut que renoncer à un passé irremplaçable,
Fuyant le retour impossible à l’âme insatiable.
XXV.
Que mon triste destin, au creux du temple obsidien,
Soit le chant éternel d’un cœur en son dernier lien,
Un appel à l’acceptation de l’ombre et de l’absence ;
Car nul retour ne saurait combler une telle errance.
Ainsi va la vie, contée en vers de mélancolie,
Où l’amour, la joie et la vérité ne font qu’un adagio,
Et c’est dans un ultime soupir, aux confins de l’éphémère,
Que s’achève mon récit, funeste hymne de la terre.
XXVI.
Telle est la fin de ma quête et le glas de mon être,
L’ombre d’un passé glorieux que je ne puis renaître ;
Le temple murmure encore, dans sa langue de pierre,
Que chaque âme doit, en vain, s’abandonner à son mystère.
Car le retour est impossible, et malgré mes vers innocents,
Le temps barre l’horizon de ses implacables tourments.
Ô destin, cruel maître, scelle à jamais mon sort,
Et laisse en mon cœur meurtri le douloureux écho du remords.
XXVII.
Au crépuscule final, en ce lieu de mémoire éteinte,
Je fonds en sanglots doux, témoin d’une âme contrainte,
Laissant derrière moi les vestiges d’un rêve fané
Et le souvenir obsédant d’un passé à jamais scellé.
Ainsi se conclut ma quête, empreinte d’un amour triste,
Dans l’abîme de l’existence où tout espoir s’insiste
À s’éteindre, inexorable, en l’ombre d’un temps défunt,
Et c’est là, dans l’inévitable, que mon cœur s’en va vaincu.
XXVIII.
Que retentisse, pour l’éternité, ce chant de désespérance
Où chaque vers, chaque mot, porte l’amère révérence
D’un poète maudit, dont la quête fut douleur et splendeur,
Et dont le destin inéluctable fut une triste lueur.
Ô toi, lecteur, qui parcours ce labyrinthe de peine,
Sache que la vérité cherche, dans le temps, sa chaîne :
Un retour impossible vers ces jours d’or, si fragiles,
Rappelant que tout bonheur s’éteint en son fil subtil.
XXIX.
Ainsi, dans ce temple ancien où le passé se dissout,
Je laisse mon âme errer, ingérant ses remous,
Portant en elle la marque indélébile d’un songe,
D’une quête inachevée qui désormais s’allonge.
Les pierres, témoins d’un temps où tout fut lumière,
Chantent en cadence funeste la disparition fière
D’un rêve vain, d’un retour que nul destin n’offrit,
Et dans un dernier soupir, l’écho s’éteint, inouï.
XXX.
Et c’en est fini des mots, ainsi que s’éteint mon bras,
D’un poète maudit, dont le cœur ne fut qu’un éclat
Fragile dans la nuit du destin, perdu en lamentations,
Accablé par l’inévitable laideur des illusions.
Le temple se referme, secret des temps évanouis,
Gardien de l’âme errante et de ses rêves éblouis ;
Le passé demeure à jamais, inaccessible et lointain,
Témoignant d’un retour impossible, d’un adieu incertain.
Fin.
Ainsi se conclut mon pèlerinage en vers et en douleur,
Une quête de vérité, teintée d’amertume et de peur.
Le cœur en lambeaux, je pars, laissant l’âme en héritage
Les stigmates d’un temps fané, marqués par l’inéluctable âge.
Que demeure en vous, lecteur, le charme de ces strophes tristes,
Et que retentisse l’écho d’un destin que nul ne résiste,
Telle la plainte d’un cœur, à jamais en quête d’un retour
Inaccessible, vain, et scellé par l’oubli, en un dernier jour.