Antistrophe : Définition et Usage Littéraire
L’antistrophe (grec ancien : ἀντιστροφή, « un retour en arrière ») est la partie d’une ode chantée par le chœur lors de son mouvement de retour de l’ouest à l’est, en réponse à la strophe, qui était chantée de l’est à l’ouest.
Usage en tant que Dispositif Littéraire
L’antistrophe a la nature d’une réponse et équilibre l’effet de la strophe. Ainsi, dans l’ode de Gray intitulée « The Progress of Poesy » (extrait ci-dessous), la strophe, qui se concentre sur la beauté, la puissance et l’extase de la poésie, est répondue par l’antistrophe, dans un ton déprimé et mélancolique :
La race fragile de l’homme, quels maux l’attendent,
Travail, et Pénurie, les tortures de la Douleur,
Maladie et le Train en larmes du Chagrin,
Et la Mort, triste refuge des tempêtes du Destin,
(etc.)
Lorsque les sections du chœur ont terminé leurs réponses, elles s’unissent et se concluent dans l’épode, illustrant ainsi la forme triple, dans laquelle les hymnes sacrés de la Grèce antique ont été forgés, depuis les jours de Stésichore. Comme le dit Milton : « strophe, antistrophe et épode étaient une sorte de strophe conçue pour la musique alors utilisée avec le chœur qui chantait ».
Autre Usage Sémantique
L’antistrophe désignait également une sorte de danse ancienne, où les danseurs se déplaçaient parfois à droite, parfois à gauche, doublant ainsi leurs tours ou conversions. Le mouvement vers la gauche était appelé antistrophe, dérivant de ἀντί, « contre », et στροφή, de στρέφω, « je tourne ».
Exemple de Poème en Antistrophe
Dans la tradition de l’antistrophe, voici un poème illustrant ce genre poétique :
Dans l’ombre s’efface l’éclat du jour,
Les pleurs du ciel s’unissent à ma douleur,
Les échos murmure un désespoir lourd,
Le temps emporte nos rêves, en vain, par le malheur.
Ce poème est un exemple d’antistrophe car il répond à une strophe imaginaire évoquant la beauté d’un jour lumineux, mais ici, il reflète une tonalité mélancolique, soulignant la douleur et la perte, en parfaite harmonie avec l’esprit de l’antistrophe.