Éloignement
Dans le poème ‘Éloignement’, l’auteur Marcel Sauvage nous plonge dans une thématique sombre de la mort et de la souffrance. Publié en 1919, en pleine période post-guerre, ce poème résonne avec les douleurs de l’époque. Le texte révèle une lutte intérieure face à la perte, tout en évoquant des images puissantes et des émotions complexes qui restent pertinentes aujourd’hui.
La nuit craque, éclate. Déjà cicatrisée, la nuit. Mais lui Sa tête ouverte, son front qui baille Et ses hoquets. Il nous fallait Courir, marcher encore, aller jusqu’au bout. La boue glissait entre nos pieds. Les longs et froids serpents de la boue Entre nos pieds. Je suis revenu quatre fois. Il n’était pas mort. Il respirait Gémissait comme un enfant Vomissait du cerveau sur le guéret. A tâtons, j’ai pris ses papiers collés de sang. Quand je me suis penché la dernière fois Sur sa tête éventrée C’était la mer, il m’a semblé La mer obscure que j’entendais Qui se plaignait, douce et lointaine Comme éternelle au fond des coquilles désertes. Extrait de: 1919, Quelques Choses
À travers ‘Éloignement’, Marcel Sauvage nous incite à réfléchir sur notre propre rapport à la souffrance et à la mort. Ce poème vous invite à explorer davantage son œuvre pour en percer les subtilités et les réflexions profondes sur l’expérience humaine.
