Fresque sur le Mur de Mahmoud Darwich est une œuvre emblématique qui transcende les frontières du temps et de l’espace. En abordant des thèmes lourds comme Hiroshima, la souffrance humaine, et la mémoire collective, ce poème ne fait pas qu’évoquer des tragédies passées; il appelle à une réflexion profonde sur notre condition actuelle. Dans un contexte marqué par des conflits incessants, Darwich nous pousse à ressentir la grandeur et la tristesse des histoires individuelles au sein de la grande narration de l’humanité.
Nous disons beaucoup de choses à présent, Du coucher du soleil sur la terre menue. Sur le mur pleure Hiroshima… Une nuit s’en va, et dans le plein midi, Nous n’emportons de notre monde Que la forme du trépas. Pour tes yeux, d’autres temps, Pour mon corps, une autre histoire, Et dans le rêve nous réclamons le jasmin. Lorsque le monde nous dispersa, il y a quelques années de cela, Les murs étaient rétifs à l’entendement. Les cachets d’aspirine Ramenaient la fenêtre, les oliviers et les rêves à leurs propriétaires. Et la tendresse Etait un jeu qui te détournait de l’intelligence des années. Nous disons beaucoup de choses à présent, Du blé fané dans la terre menue. Sur le mur pleure Hiroshima… Lame luisante comme la justice, et dans le plein midi, Nous n’emportons de notre monde Que la couleur du trépas. Dans le feu du premier baiser, La tristesse se dissout Et la mort chante. Je ne suis pas triste maintenant, Et je chante. Est-il un corps qui ne soit voix, à présent, Une tristesse, Qui ne presse l’univers Contre la poitrine du chanteur? Nous disons beaucoup de choses à présent, De la souffrance de l’herbe dans la terre menue. Sur le mur pleure Hiroshima… Baiser voué à l’oubli, et dans le plein midi, Nous n’emportons de notre monde Que le goût du trépas. Mille fleuves déferlent à présent. Au café, Les puissants jouent au tric-trac. La chair des martyrs Disparaît dans la tourbe, parfois, Et meuble les heures des poètes, d’autre fois. Et moi, ô ma femme, je tète à ton silence Nocturne… le lait de la fierté! Nous disons beaucoup de choses à présent, De la couleur disparue dans la terre menue. Sur le mur pleure Hiroshima… Une enfant est morte. Et dans le plein midi, Nous n’emportons de notre monde Que le goût du trépas.
Ce poème de Darwich nous invite à revisiter notre propre histoire et à ne jamais oublier les leçons du passé. Explorez davantage d’œuvres de cet auteur remarquable et partagez vos réflexions sur ce puissant message.
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