Brûle à longueur d’année.
Il brûle à l’horizon
D’un soir à l’autre soir.
Il brûle sous le vent
Et sous la pluie déserte.
Ton corps y resplendit
Et tes yeux sont ouverts.
Reine, ton arc-en-ciel
Te voit vivre de flammes.
Il n’a que vieilles terres
Et leurs troupeaux transis.
Reine, ton arc-en-ciel
Vient fondre dans ton feu.
Un merle quelque part parle de ton visage,
Posé lune brûlante au fond du bruit
Que fait le dur travail des insectes vieillots.
Et la brique, oubliée dans l’herbe pour durer,
Se réchauffe à ta peau tremblant sur les prairies,
Sur les ombelles consumées
Par leur frêle tendresse dans l’effroi
De ta beauté de mer sereine sur le monde.
Mais c’est bon pour les rocs
D’être seuls et fermés
Sur leur travail de nuit.
Et peut-être qu’ils savent
Vaincre tout seuls leur fièvre
Et résister tout seuls.