Poésie classique

Vers Finissant par « Ture » Faits Contre le Sr Voiture en 1628

Le poème ‘Vers Finissant par « Ture »’ de Claude Malleville, écrit en 1628, est une œuvre satirique vibrante qui croque avec humour le personnage de Monsieur Voiture. À travers des rimes astucieuses et des descriptions piquantes, l’auteur offre une critique sociale des conventions de son temps tout en célébrant l’art de la poésie. Ce poème, ancré dans le contexte littéraire du XVIIe siècle, demeure pertinent et divertissant pour les amateurs de poésie.
Je voudrais bien rimer en ture
Pour décrire monsieur
Voiture.
Il est de belle structure,
Quoique de petite stature
Et de très basse nature.
Son poil est de bonne teinture,
Aussi sa barbe est sans peinture,
Son œil est de grande ouverture,
Son corps est droit et sans voûture,
Ses dents ont quelque pourriture.
Il prend fort peu de nourriture.
Le sucre et le lait sont sa pâture
Avec un peu de confiture
Et aux jours maigres la friture.
Il a besoin de couverture,
Aussi est-il bien en vêture
Pour déguiser sa géniture.
Il porte un peu de moucheture,
Car quand il sent une couture,
Son petit corps est en torture.
C’est un vrai diable en écriture,
En vers, prose, en littérature,
C’est un
Démosthène en sculpture
Un
Alexandre en peinture,
Un
Caton en architecture.
Du cercle il sait la quadrature.
C’est une aimable créature,
Si sa race était sans rature
Et sa naissance sans roture.
Dieu le préserve en capture
Qu’il mérite par forfaiture.
Son dos de mauvaise aventure
Qu’il est en mauvaise posture.
On peut dire sans conjecture,
En bon droit d’adjudicature,
Qu’il souffrira mainte peinture,
Puisqu’on le prend pour la monture
Qui porte au moulin la mouture.
S’il est atteint de courbature
Et qu’on lui rompe l’emboiture,
Il lui faut une ligature.
Sa grande prévaricature
L’éloigné de magistrature,
Et n’y a point de signature
Qui lui donne l’investiture
De sa charge toujours future.
Et si grande déconfiture,
Il n’entend point l’agriculture.
Il est par rare conjecture
D’un bon buveur la géniture,
Et quand, par le cours de nature,
Il sera mis en sépulture,
Alors en belle tablature,
Nous dirons,
Adieu la
Voiture.
Ce poème invite à la réflexion sur la nature des personnages de notre environnement et sur la façon dont nous les percevons. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de Claude Malleville et à partager vos impressions sur cette charmante satire.

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