La Barbe Pointue
‘La Barbe Pointue’ d’Aloysius Bertrand est un poème captivant qui interpelle les lecteurs sur les conventions sociales et l’identité. Au coeur d’une fête à la synagogue, Bertrand nous plonge dans un univers où la physique des barbes devient le symbole de l’acceptation ou du rejet. Dans ce contexte historique, ce poème met en lumière la tension entre tradition et individualité, tout en utilisant des images saisissantes pour évoquer des thèmes profonds.
Si l’on n’a la tête levée.
Le poil de la barbe frisé,
Et la moustache relevée,
On est des dames méprisé.
d’Assouci.- Les Poésies.
Or, c’était fête à la synagogue, ténébreusement étoilée de lampes d’argent, et les rabbins, en robes et en lunettes, baisaient leurs talmuds, marmottant,
nasillonnant, crachant ou se mouchant, les uns assis, les autres non.
Et voilà que tout à coup, parmi tant de barbes rondes, ovales, carrées, qui floconnaient, qui frisaient, qui exhalaient ambre et benjoin, fut remarquée une barbe
taillée en pointe.Un docteur nommé Elébotham, coiffé d’une meule de flanelle qui étincelait de pierreries, se leva et dit : « Profanation! il y a ici une barbe
pointue !
– Une barbe luthérienne ! – Un manteau court ! Tuez le Philistin. » – Et la foule trépignait de colère dans les bancs tumultueux, tandis que le sacrificateur braillait :
« Samson, à moi, ta mâchoire d’âne ! »
Mais le chevalier Melchior avait développé un parchemin authentiqué des armes de l’empire : « Ordre, lut-il, d’arrêter le boucher Isaac van Heck, pour être
l’assassin pendu, lui, pourceau d’Israël, entre deux pourceaux de Flandre. »
Trente hallebardiers se détachèrent à pas lourds et cliquetants de l’ombre du corridor. « Feu de vos hallebardes ! » leur ricana le boucher Isaac. Et il se
précipita d’une fenêtre dans le Rhin.
Le poil de la barbe frisé,
Et la moustache relevée,
On est des dames méprisé.
d’Assouci.- Les Poésies.
Or, c’était fête à la synagogue, ténébreusement étoilée de lampes d’argent, et les rabbins, en robes et en lunettes, baisaient leurs talmuds, marmottant,
nasillonnant, crachant ou se mouchant, les uns assis, les autres non.
Et voilà que tout à coup, parmi tant de barbes rondes, ovales, carrées, qui floconnaient, qui frisaient, qui exhalaient ambre et benjoin, fut remarquée une barbe
taillée en pointe.Un docteur nommé Elébotham, coiffé d’une meule de flanelle qui étincelait de pierreries, se leva et dit : « Profanation! il y a ici une barbe
pointue !
– Une barbe luthérienne ! – Un manteau court ! Tuez le Philistin. » – Et la foule trépignait de colère dans les bancs tumultueux, tandis que le sacrificateur braillait :
« Samson, à moi, ta mâchoire d’âne ! »
Mais le chevalier Melchior avait développé un parchemin authentiqué des armes de l’empire : « Ordre, lut-il, d’arrêter le boucher Isaac van Heck, pour être
l’assassin pendu, lui, pourceau d’Israël, entre deux pourceaux de Flandre. »
Trente hallebardiers se détachèrent à pas lourds et cliquetants de l’ombre du corridor. « Feu de vos hallebardes ! » leur ricana le boucher Isaac. Et il se
précipita d’une fenêtre dans le Rhin.
En conclusion, ‘La Barbe Pointue’ invite à une réflexion sur les normes sociales et l’acceptation de l’individualité. N’hésitez pas à explorer davantage les oeuvres d’Aloysius Bertrand pour découvrir son regard unique sur la société.
