Le Songe d’une Âme en Forêt
Où le jour s’attarde encor comme un secret tendre,
Âme, errante en son cœur, aux chimères profanes,
S’aventura dans l’orée que les songes peuvent prendre.
Une forêt s’étendait aux ramures sans âge,
Sous un ciel aquarelle où le vent danse et rêve,
Parmi l’ombre et la lumière, tel un vieux parchemin sage,
Se dessinaient des allées où l’étrange s’élève.
Âme marchait sans guide, en ce lieu suspendu,
Cherchant en ses pensées l’écho d’une vérité,
Son pas rythmait l’espoir aux sillons inconnus,
Et chaque feuille bruissait d’un soupçon d’éternité.
Aux racines enchevêtrées, des murmures s’éveillaient,
Des voix douces, voilées, pareilles à des caresses,
Comme un fil d’ombre tendre que la brise guidait,
Elles contaient l’histoire d’une vie en allégresse.
« Qui es-tu, disait l’onde, au miroir si changeant,
Au regard toujours en quête d’un horizon perdu ?
Veux-tu, Âme, dévoiler le secret palpitant
Qui sous ta peau fragile tient l’étoile battue ? »
Les arbres se penchèrent, géants aux cils d’ambre,
Leurs branches ondulèrent en une danse lente,
Dans cette douce folie où le réel s’enjambe,
Où la raison s’efface, noble et nonchalante.
Âme s’arrêta, alors, sur le sentier d’émeraude,
Son cœur battait plus fort, ivre d’un souffle d’or,
Elle lisait dans l’air une langue inaccoutumée,
Qui tissait des arpèges d’espoirs et de trésors.
« Je suis celle qui cherche dans les plis du monde,
Le reflet de soi-même au creux des paysages,
Une pierre oubliée sous la mousse profonde,
Une voix nue qui chante au-delà du naufrage. »
Par delà les volutes d’un rêve éveillé,
Le soleil filtrant jouait à travers la hêtraie,
Créant mille éclats d’un feu doux, étiré,
Comme autant de promesses au cœur de l’odyssée.
Alors que l’esprit d’Âme enfiévré vagabonde,
Une fleur translucide tintant d’une lueur,
S’ouvrit soudainement sous le souffle du monde,
Offrant en son sein la paix d’une lueur.
Cette fleur aux pétales de soie infime,
Semblait renfermer le mystère du vent,
Un éclat d’identité, un rêve, une rime,
Un fragment de ciel au creux du temps mouvant.
Cueillant la fleur blanche à la tendresse sage,
Âme sentit s’allumer une fleur en son sein,
Un feu clair, une voie hors du néant sauvage,
Une étoile guidant hors des chemins incertains.
« N’aie plus peur, dit la voix du vent caressant,
Ton voyage de l’ombre est né pour s’épanouir ;
L’énigme de toi-même en ce lieu se dessine,
Et ton âme désormais sait enfin ce qu’il faut suivre. »
Son pas devient plus sûr, son souffle plus apaisé,
La forêt s’embrase aux sanglots d’une joie pure,
La surréalité, comme un doux voile tressé,
Offre à Âme le monde en une peinture.
Un ruisseau cristallin glissait, chuchotait des contes,
Sur le roc où la mousse épandait son empire,
Chaque élément vibrait d’un hymne que l’on monte,
La symphonie d’un être enfin prêt à s’exempter.
Les oiseaux, en volute, dessinaient dans le ciel,
Des arabesques d’or, des chants en libre émoi,
Toute la forêt chantait la fin de son duel,
Entre doute et confiance, beauté et émoi.
Au terme de la balade où les heures suspendues,
S’effaçaient sous l’éclat d’un soleil apaisé,
Âme trouvait en son cœur les clés jamais perdues,
D’une vérité naissante, d’un être réinventé.
Alors, dans ce havre aux parfums délicats,
Sous le regard complice des feuillages d’argent,
Elle sourit enfin, rompant le dernier pas,
De la quête infinie en son chemin ardent.
La forêt, amoureuse, murmura un adieu tendre,
Comme l’on serre un rêve avant de s’envoler,
Et l’âme, désormais promise au vertige tendre,
S’éleva dans la clarté d’un jour célébré.
Ainsi s’achève ici la ballade enchantée,
D’une âmes en proie à l’éclat de la quête,
Où l’espoir se mêle au doux rêve éveillé,
Et la vie, enfin trouvée, s’épanouit complète.