Ballade de Bonne Doctrine a Ceux de Mauvaise Vie
La ‘Ballade de Bonne Doctrine à Ceux de Mauvaise Vie’ est une œuvre emblématique de François Villon, poète majeur du Moyen Âge. À travers ce poème, Villon adresse une vive critique à ceux qui se livrent aux plaisirs éphémères des tavernes et à la dépréciation des valeurs morales. L’œuvre, fortement ancrée dans le contexte historique de son époque, résonne encore aujourd’hui par sa pertinence et son ironie mordante.
«
Car ou soies porteur de bulles,
Pipeur ou hasardeur de dez,
Tailleur de faulx coings et te brusles
Comme ceulx qui sont eschaudez,
Traistres parjurs, de foy vuidez ;
Soies larron, ravis ou pilles :
Ou en va l’acquest, que cuidez ?
Tout aux tavernes et aux filles.
«
Ryme, raille, cymballe, luttes,
Comme fol, fainctif, eshontez ;
Farce, broulle, joue des fleustes ;
Fais, es villes et es citez,
Farces, jeux et moralitez ;
Gaigne au berlanc, au glic, aux quilles :
Aussi bien va, or escoutez !
Tout aux tavernes et aux filles.
«
De telz ordures te reculles,
Laboure, fauche champs et prez,
Sers et pense chevaux et mulles,
S’aucunement tu n’es lettrez ;
Assez auras, se prens en grez.
Mais, se chanvre broyés ou tilles,
Ne tens ton labour qu’as ouvrez
Tout aux tavernes et aux filles ?
«
Chausses, pourpoins esguilletez,
Robes, et toutes vos drappilles,
Ains que vous fassiez pis, portez
Tout aux tavernes et aux filles.
Car ou soies porteur de bulles,
Pipeur ou hasardeur de dez,
Tailleur de faulx coings et te brusles
Comme ceulx qui sont eschaudez,
Traistres parjurs, de foy vuidez ;
Soies larron, ravis ou pilles :
Ou en va l’acquest, que cuidez ?
Tout aux tavernes et aux filles.
«
Ryme, raille, cymballe, luttes,
Comme fol, fainctif, eshontez ;
Farce, broulle, joue des fleustes ;
Fais, es villes et es citez,
Farces, jeux et moralitez ;
Gaigne au berlanc, au glic, aux quilles :
Aussi bien va, or escoutez !
Tout aux tavernes et aux filles.
«
De telz ordures te reculles,
Laboure, fauche champs et prez,
Sers et pense chevaux et mulles,
S’aucunement tu n’es lettrez ;
Assez auras, se prens en grez.
Mais, se chanvre broyés ou tilles,
Ne tens ton labour qu’as ouvrez
Tout aux tavernes et aux filles ?
«
Chausses, pourpoins esguilletez,
Robes, et toutes vos drappilles,
Ains que vous fassiez pis, portez
Tout aux tavernes et aux filles.
En lisant cette ballade, les lecteurs sont invités à réfléchir sur les implications de leurs choix de vie et à explorer d’autres œuvres de Villon, tout aussi percutantes et révélatrices de l’âme humaine.
