back to top

L’Enlisement de L’Enfant

Article précédent
Article suivant
L’Enlisement de L’Enfant, écrit par Alain Jouffroy, est une œuvre captivante qui plonge le lecteur dans les méandres de l’enfance, marquée par l’inertie et la quête de sens. Publié au XXᵉ siècle, ce poème illustre les perturbations émotionnelles et les conflits intérieurs, offrant une réflexion profonde sur les défis de grandir et de s’affirmer face à un monde souvent accablant.
Tourne, trouble moyeu,
Actionne ma lévitante batteuse,
Déclenche le mouvement processionnel de mon sang.
Tu te meus dans la boue plénière
Et, peu à peu, tu déchiquettes mes langes.
Moyeu !
Fais que je ne bave plus dans mes larves !
Je veux parler,
Extirper du sol glauque les racines de l’aveu,
Arracher de ma bouche la flamme
Qui titube entre mes dents,
Transpercer ma glotte de vérités :
Ma gorge vibre d’un orage garrotté
Qui ravage ma langue comme une pléthore de taupes.
Fermée au monde,
Noix molle, immonde, monumentale —,
Sous le dais hindou de l’absence de mémoire,
L’enfance règne, se roule dans le néant
Comme un troupeau évasif, qui paît, bouge et se tait,
Coincée dans l’inévitable plénitude du plomb.
Litanie liminaire, j’énumère mon inaction,
Maîtresse inaltérable, vampirique et valide.
En pays rasé, je dresse la table rase de l’action.
L’histoire a tondu mes projets.
Je suis la valise vidée,
La paresse des rafales, la loutre des idées.
Mon moteur, coupé des nécessités,
Tourne à vide, vente, avorte
À chaque instant plusieurs genèses,
Gaspille la véhémente vendange de la vie.
Si j’étais solidaire de la forêt,
Cancre, je mériterais la hache,
Mais, cancre d’éprouvettes, cancre de cornues,
Mon oisiveté m’empale sur mon défi
Et dans l’air raréfié, exsangue, je m’étiole
Au soleil scientifique de l’exception déifiée.
Les paupières de la foudre palpitent dans les crapauds.
Les tempêtes s’ébrouent, les tilleuls broient du noir,
Se mêlent à l’euphorique conflit cérébral,
Jaillissant de toutes parts comme des sphinx.
Les railleries des arbres
Me soumettent à leur théâtral caprice, m’agenouillent.
Le vent vide jetant sa lumière à pleines mains.
Le jardin soulève ses jupes, exhibe son sexe,
Alcool, monte à ma tête,
Baise les pieds de ma délicatesse embuée.
Roué de coups par les roses,
Je m’évanouis, je tremble au contact du matin !
La rosée serpentine s’infiltre dans mes capillaires.
Comme un chien dans le corps d’un tigre,
La nuit engloutit le cœur du torrent.
Ébranlé par la terre qui me porte,
J’arpente les hauts plateaux de l’incertain.
Mon enfance court la poste, frôle les fusains,
Débouche dans la baie stupide,
Stoppe devant moi, ricane,
M’emporte la main, jette sa casquette aux ours,
Émet d’énormes borborygmes — et, outre,
Se dégonfle : je la tiens dans ma poche.
Que faire d’un fatum infantile ?
Un feu follet approximatif, non le futur !
Retourné comme un lapin, dérisoire,
Mon langage bée sur le vide de ma négation,
Vexe mes pouvoirs.
Bourrique dépassée, je t’assomme !
Têtue, tu résistes !
Je te martèle !
Tu es concave, tu es réduite,
Jivaro, à la pichenette d’un zéro !
En conclusion, ce poème invite à une introspection sur notre propre rapport à l’enfance et à l’inaction. N’hésitez pas à explorer d’autres œuvres d’Alain Jouffroy pour découvrir davantage ses réflexions poignantes.

Soutenez notre travail

Si nos poèmes et histoires ont touché votre cœur et apporté un peu de lumière à votre journée, nous vous invitons à soutenir notre projet, chaque don, même modeste, nous aide à continuer à créer et partager ces moments de douceur, de réflexion et d'émotion avec vous.
Ensemble, nous pouvons faire grandir cet espace dédié à la poésie et aux histoires, pour qu’il reste accessible à tous.

Merci de tout cœur pour votre générosité et votre soutien précieux. 🌟

Faites un don ici

Partagez votre talent avec nous ! ✨ Envoyez vos poèmes et histoires via ou utilisez ce formulaire.
Tous les styles sont bienvenus, tant que vous évitez les sujets sensibles. À vos plumes !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Écrire un avis

Utilisation des poèmes

Tous les poèmes publiés sur UnPoème.fr sont libres d’utilisation et rédigés avec soin, sauf indication contraire.

Vous pouvez les utiliser pour vos projets personnels, scolaires, créatifs ou professionnels, à condition de mentionner simplement notre site comme source.

Libres de droits Textes uniques Mention du site appréciée

⚠️ Exception : certains poèmes, notamment ceux de la catégorie poésie classique ou ceux soumis par des lecteurs, peuvent avoir des conditions particulières. Dans ce cas, une mention spécifique sera indiquée à la fin du texte.

Profitez-en avec respect, poésie et bienveillance.