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Le Serment évanoui dans les brumes

Plongez dans un récit poétique où l’amour, la perte et la fatalité s’entrelacent dans une danse tragique. Ce poème raconte l’histoire d’un marin qui défie les éléments pour tenir une promesse, mais se retrouve englouti par les forces impitoyables de la nature et du destin. À travers des images puissantes et des émotions profondes, il explore les thèmes de la fidélité, du regret et de l’éternité.
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Le Serment évanoui dans les brumes

Au creux des flots rageurs où se meurt le soleil,
Un marin, cœur brûlant, défiait l’infini.
Les astres, sourds témoins de son éternel deuil,
Scellaient dans l’air salé son destin obscurci.

«Je reviendrai, dit-il, quand la lune pâlie
Ouvrira son chemin sur les remparts des nuits.
Je franchirai l’abîme et sa sombre folie,
Pour effacer les pleurs de tes yeux éblouis.»

Mais les vents, en leur ronde implacable et morose,
Déchirèrent sa voile ainsi qu’un lin maudit.
L’océan, dévorant la proue et toute chose,
Engloutit son espoir en un rire interdit.

Seul, flottant sur les mers où le temps perd sa course,
Il vit dix fois mourir l’aube aux doigts de corail.
Son corps, sel et douleur, subissait la divorce
Des éléments unis pour lui tendre un bercail.

Un matin, le brouillard étira ses tentacules,
Et surgit, spectre blanc, une nef de granit.
Ses cloches, sans écho, vibraient comme des hercules,
Appelant le damné vers ce port de dénit.

La cathédrale, altière, en sa robe de pierre,
Dressait ses arcs saints vers les cieux aveugles.
Ses vitraux, blessures de lumière et de guerre,
Pleuraient des saints martyrs en sanglots étouffés.

«Entre, fils de l’orage,» une voix sans visage
Monta des profondeurs comme un chant de trépas.
«Ici gît la réponse à ton cruel passage,
La vérité se voile où s’achève tes pas.»

Il gravit les degrés, fantôme en équilibre,
Ses mains sur les murs froids cherchaient un repentir.
Les gargouilles, témoins d’un amour funèbre,
Grondaient des mots d’antan qu’il ne put saisir.

Dans la nef où le silence érigeait son royaume,
Une ombre se leva, drapée de longs adieux :
«Tu promis de rentrer avant que ne se consume
La flamme de l’attente au seuil de tes yeux.»

C’était Elle, son Âme, en linceul de mystère,
Dont les jours s’étaient tus dans l’écho du manoir.
«Je t’attendis trois lunes au bord de la terre,
Puis mon corps devint cendre, et mon cœur, désespoir.»

Le marin, étreignant ce spectre de sa faute,
Sentit couler en lui les glaciers du remords.
«Le destin m’a lié aux colères des fautes,
Mais mon serment vivait plus fort que mille morts !»

«Regarde,» dit la Dame en tendant un squelette
De roses desséchées, nœud d’un vœu trahi,
«Chaque pétale tombe est un jour qui s’achète
Dans la geôle du temps où l’amour est banni.»

Soudain, les murs tremblerent sous un sanglot de brume,
L’orgue hurla son threne aux abîmes du ciel.
Les piliers se courbèrent comme un dernier costume,
Et l’édifice entier devint linceul cruel.

Le marin, sous les blocs, sentit venir l’ultime :
«Je t’aimais…» murmura-t-il à la chair de pierre.
Mais déjà son souffle erre en l’onde du subime,
Tandis qu’au loin, la mer berce sa froide ornière.

Et depuis, quand la lune argente les décombres,
Deux spectres enlacés hantent les corridors.
L’un pleure un souvenir qui flotte sous les ombres,
L’autre cherche en vain les mots des anciens accords.

La cathédrale veille, éternelle et muette,
Gardeuse de serments perdus au champ des sorts.
En son sein dort un cœur qui battit pour promettre,
Et l’océan, là-bas, roule des larmes d’or.

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Ce poème nous rappelle que les promesses, bien qu’évanouies dans les brumes du temps, laissent une empreinte indélébile sur nos âmes. Il nous invite à réfléchir sur les serments que nous faisons, les sacrifices que nous endurons, et les ombres qui hantent nos cœurs lorsque ces promesses ne sont pas tenues. La cathédrale, silencieuse et éternelle, devient un symbole de la mémoire collective, gardienne des rêves brisés et des amours perdus.
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Auteur: Jean J. pour unpoeme.fr

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