Il y a une solitude qui précède les mots, et une autre qui les accueille. Celle dont il est question ici n’est ni l’absence ni le vide : c’est le moment où l’on cesse de se fuir, et où, enfin, quelqu’un répond dans la maison silencieuse.
Le soir descend comme une main ouverte.
Je m’arrête, je n’attends plus personne.
Sur la margelle du puits, l’eau se tait.
Je me penche, et c’est ma voix qui remonte.
Elle est plus simple que je ne l’aurais cru,
plus usée, plus fidèle aussi.
Je ne lui demande pas où sont les autres.
Elle me répond : — Tu es encore là.
Alors je reprends la route,
le pas plus lent, le cœur un peu plus juste.
Le puits garde mon secret.
La nuit me rend mon prénom.