Poèmes sur l'Environnement

Le silence des arbres

Il y a des matins où l’on ne sait plus très bien comment on tient. On regarde le jardin, la rue, le bruit autour, et l’on se demande où est rangée la patience. C’est souvent en posant la main sur un arbre que l’on retrouve la sienne. Les arbres ne racontent pas leur fatigue. Ils la portent, saison après saison, dans un silence que rien ne presse. Ce poème est né d’une main posée sur un tronc, un jour de novembre, en cherchant une réponse que personne autour de moi ne savait formuler.

Ils ne disent rien, et pourtant ils tiennent.
Le vent leur parle en langue de fatigue,
ils répondent enracinés, lents, certains
que chaque feuille perdue est une promesse
revêtue de bois et de patience.

J’ai posé ma main sur un tronc un matin de novembre.
Il était plus froid que moi, plus seul que moi,
et debout depuis bien avant mon prénom.
Je lui ai demandé comment on fait pour rester,
lorsque tout autour choisit de partir.

Il n’a rien dit. Le vent a fait le reste.
Et dans ce silence, j’ai compris
que la force n’est pas un cri :
c’est une présence qui revient, saison après saison,
même quand personne ne la voit.

La force ne ressemble presque jamais à ce que l’on imagine. Elle ne parle pas fort, elle ne s’affiche pas, elle ne laisse pas de grandes traces visibles. Elle ressemble davantage à un vieil arbre au bout d’un chemin : un être qui a traversé des tempêtes qu’il ne raconte plus, qui a perdu des feuilles qu’il ne pleure plus, et qui continue de pousser sans bruit. Si vous traversez une saison difficile, ce poème n’est pas un conseil — c’est une main posée, à côté de la vôtre, sur le même tronc froid. La patience n’est jamais passive. Elle est cette décision très simple, et très difficile, de rester debout une journée de plus, puis une autre, et de laisser le printemps faire le reste.

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