back to top

Utilisation des poèmes : Tous les poèmes de unpoeme.fr sont libres de droits et 100% uniques "sauf catégorie poésie classique" .

Vous pouvez les utiliser pour vos projets, écoles, affichages, etc., en mentionnant simplement notre site.

⚠️ Les poèmes soumis par nos lecteurs qui souhaitent en limiter l'usage auront une mention spécifique à la fin. En l’absence de cette mention, considérez-les comme libres de droits pour votre usage personnel ou professionnel.

Profitez-en !

Partagez votre talent avec nous ! ✨ Envoyez vos poèmes et histoires via ou utilisez ce formulaire.
Tous les styles sont bienvenus, tant que vous évitez les sujets sensibles. À vos plumes !
Article précédent
Article suivant

Au Bal de L’Opera – Satire

Le poème ‘Au Bal de L’Opera’ d’Auguste Barbier, une œuvre emblématique du 19ᵉ siècle, explore les thèmes de la tristesse et de la légèreté à travers le dialogue entre deux figures emblématiques de la commedia dell’arte. Dans une époque marquée par des bouleversements sociaux, Barbier se moque des préoccupations humaines tout en soulignant la quête de bonheur et de simplicité. Ce poème reste pertinent aujourd’hui pour sa réflexion sur le sens de la vie et les illusions de la société.
Arlequin et Pierrot se rencontrent au foyer:
Pierrot est seul sur un banc, abîmé dans ses
Réflexions.
Arlequin.
Toujours triste, toujours soucieux, cher Pierrot,
Et toujours mécontent du monde comme un sot!
C’ est un tort, un grand tort: il faut fuir la tristesse
Et faire de chaque heure une charmante ivresse.
Pierrot.
Dans mes pensers je suis la constance elle-même;
Vois mon gilet, mes bas et ma figure blême!
Je suis blanc, toujours blanc comme un lis du Carmel.
Arlequin.
Quant à moi, mon habit est l’ éclatant symbole
De mes goûts fugitifs comme de ma parole.
Jaune, vert, rouge, bleu, blanc et noir, j’ ai vraiment
D’ un perroquet bavard le riche accoutrement,
Et sur les papillons ma vertu se modèle.
En ce moment ici, demain là, j’ ouvre l’ aile
À chaque vent qui passe, et vole sans détour
Courtiser toute fleur de puissance et d’ amour.
Changer est, selon moi, véritable sagesse,
Et, comme dit Hégel, ce maître sans second,
Dont on n’ a pas encor saisi le sens profond,
Mon cher, je ne suis pas, mais je me fais sans cesse.
Pierrot.
Tu dois te fatiguer beaucoup à ce métier,
Et je ne voudrais pas même un jour l’ essayer;
Changer, changer toujours, mon ami, que de peine!
Suer d’ âme et de corps, se mettre hors d’ haleine,
Et pour attraper quoi? Pour, la plupart du temps,
Pincer des rogatons quand on n’ a plus de dents!
Arlequin.
Oui, grand observateur des choses de la vie,
J’ en ai bien calculé les chances et j’ ai vu
Qu’ à changer notre temps n’ est point toujours perdu,
Et qu’ on gagne parfois à la palinodie
Des places, de l’ argent, des décorations,
Un fauteuil au sénat, voire à l’ académie,
Et c’ est bien quelque chose, ami, que ces lardons.
Pierrot.
Cela dépend du prix qu’ on y met, de l’ estime
Qu’ on en fait. -quant à moi j’ aime peu le sublime,
Tu le sais, j’ ai des goûts modestes: un bon plat
Cuit à point, un flacon de beaune ou de muscat
Et les embrassements de ma chère Pierrette,
Voilà ce qu’ il me faut, tout ce que je souhaite
En ce monde. -pour moi, le reste ne vaut pas
L’ effort d’ un seul regard, la dépense d’ un pas.
Arlequin.
Lorsque le vin est bon, la Pierrette charmante,
Ton système, mon cher, n’ est pas à réformer;
Mais le vin peut s’ aigrir et ta gentille infante
Suivre un autre caprice et cesser de t’ aimer:
Alors que feras-tu dans ta détresse amère?
Pierrot.
Hélas! Ce qu’ à cette heure encore on me voit faire,
Regarder tristement la pointe de mes bas
En attendant l’ objet aimé qui ne vient pas.
Arlequin.
Et si ta belle amie au bras d’ un autre file
Et te laisse en un coin, seul, croquer le marmot,
Est-ce que tu serais, par Vénus! Assez sot
Pour demeurer fidèle à cette âme mobile?
Pierrot.
Mon cher, je ne peux pas changer de naturel.
La constance est mon lot sur ce globe mortel,
Et si Pierrette rit de ma tendresse extrême,
Je suis homme à l’ aimer et l’ adorer quand même.
Arlequin.
Bon courage, Pierrot, et surtout du bonheur!
Je te laisse en pâture à la mélancolie,
Broie à ton gré du noir, -j’ estime trop la vie
Pour la couvrir jamais d’ un voile de langueur.
Tu vois là-bas ce gros et grave personnage
Qui s’ avance escorté de deux femmes aux bras,
Deux démons babillant et riant aux éclats?
C’ est un homme d’ état et du plus haut parage.
Il rentre tout à fait dans mes façons de voir.
En ses opinions politiques, ce sage
A, ma foi, plus souvent passé du blanc au noir
Que la lune en un mois n’ a changé de visage.
Je pense qu’ en amour il a le même usage
Et m’ en vais donc avec ses deux lutins et lui
Achever galamment le reste de ma nuit.
Pierrot.
Libre à chacun d’ aller où son instinct l’ entraîne;
Des êtres d’ ici-bas c’ est la loi souveraine,
Et la tienne partant… vole de fleurs en fleurs,
Ô léger papillon aux brillantes couleurs.
Bonne chance surtout, car en courant les belles
À plus d’ un feu follet on peut griller ses ailes!
Publié en .
En conclusion, ‘Au Bal de L’Opera’ nous rappelle que derrière les rires et les masques se cache souvent une profonde mélancolie. Nous vous invitons à explorer davantage les œuvres d’Auguste Barbier et à partager vos impressions sur ce poème poignant.

💖 Soutenez notre travail ! 💖

Si nos poèmes et histoires ont touché votre cœur et apporté un peu de lumière à votre journée, nous vous invitons à soutenir notre projet, chaque don, même modeste, nous aide à continuer à créer et partager ces moments de douceur, de réflexion et d'émotion avec vous.
Ensemble, nous pouvons faire grandir cet espace dédié à la poésie et aux histoires, pour qu’il reste accessible à tous.

Merci de tout cœur pour votre générosité et votre soutien précieux. 🌟

➡️ Faites un don ici

Laisser un commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici