nous avons suivi son convoi le long des lierres.
Le
Dimanche il quittait la petite ville
et il allait déjeuner avec sa famille.
.
..
L’après-midi, me disait-il, j’y lis
Virgile.
En pensant à cela mon cœur s’enfle et se tord
— et je sens dans l’azur comme un parfum de mort.
…
Oui, tu lisais
Virgile, ami.
Car l’on t’avait appris le latin dans un triste et pieux collège.
Ton père aux mains de terre, ta mère aux mains de
chanvre, étaient joyeux de voir dans ta petite chambre les dessins qui faisaient de toi un bon élève.
Et, pendant qu’il faisait soleil ou de la neige, pendant que se pliaient les blés aux tiges bleues, à cause de leur fils ils étaient bien joyeux.
Des mots compliqués n’avaient pas gâté ton âme.
Tu étais pareil à la modestie du village lorsque les cheminées fument aux pieds de
Dieu et que s’arrêtent, en tournant le cou, les bœufs.
Virgile, c’est pour moi, ami, ce que tu fus : quelque dimanche soir — si triste — où une flûte de coudrier chantait comme une pluie de nuit…
Une ruche.
Un mouton.
Un laurier-thym et puis une tombe où, respectueux, on jette du buis.