back to top

Utilisation des poèmes : Tous les poèmes de unpoeme.fr sont libres de droits et 100% uniques "sauf catégorie poésie classique" .

Vous pouvez les utiliser pour vos projets, écoles, affichages, etc., en mentionnant simplement notre site.

⚠️ Les poèmes soumis par nos lecteurs qui souhaitent en limiter l'usage auront une mention spécifique à la fin. En l’absence de cette mention, considérez-les comme libres de droits pour votre usage personnel ou professionnel.

Profitez-en !

Partagez votre talent avec nous ! ✨ Envoyez vos poèmes et histoires via ou utilisez ce formulaire.
Tous les styles sont bienvenus, tant que vous évitez les sujets sensibles. À vos plumes !
Article précédent
Article suivant

Épître a Lebrun

L’« Épître à Lebrun » de Marie-Joseph Chénier est une œuvre emblématique du XVIIIe siècle qui explore les thèmes de la création, du génie et de la raison. Ce poème, d’une grande richesse stylistique, évoque l’harmonie entre l’audace créative et la sagesse, en appelant à un équilibre essentiel pour tout artiste. À travers des références mythologiques et une écriture vibrante, Chénier nous plonge dans un univers où la poésie doit se nourrir de la raison pour atteindre sa pleine expression.
Digne enfant d’Apollon, successeur des Orphées, Toi, par qui de nos jours les neuf savantes fées. Malgré tant de Cotins, soi-disant immortels. Ne verront point encor s’écrouler leurs autels ; Si tu hais, cher Lebrun, les auteurs à la glace, Aimes-tu mieux, dis-moi, le délire et l’audace D un poète ignorant qui, sans règle et sans art, En ses vagues écrits ne suir que le hasard ? Quand la belle Pandore, à la voix du génie, Reçut en même temps la jeunesse et la vie, Jupiter, du prodige et confus et jaloux, Accabla son vainqueur d’un éternel courroux. Chassé du ciel, privé même de la lumière, Aucun dieu ne daigna consoler sa misère : Tous, de leur souverain lâches adulateurs. Maudirent à l’envi l’objet de ses rigueurs. Mais la raison n’eut point cette indigne faiblesse : Brûlante d’une auguste et sublime tendresse, Elle suit le génie ; et sa prudente main Aux pas de cet aveugle enseigne le chemin. À son guide échappé, quelquefois de ses ailes Il affrontait encor les voûtes éternelles ; Heureux, quand, mieux que lui veillant à son bonheur, La raison modérait cette bouillante ardeur! Enfin, désabusé du séjour du tonnerre, Cet illustre banni descendit sur la terre. La raison l’y suivit ; et bientôt les mortels Devinrent confidents des secrets éternels. ô vous, qui recherchez les principes des choses. Les sublimes effets et les sublimes causes, Le calcul infini qui forma l’univers, Et l’espace, et le vide, et les mondes divers, De ce tout merveilleux l’éternelle harmonie ; Sachez vous méfier de l’aveugle génie ; Adorez la raison, et consultez sa voix. Et vous, qui d’Apollon suivez les douces lois, Si vos efforts heureux quelquefois sur la scène Ressuscitent encor Thalie et Melpomène, Ou si d’un vol plus haut vos chants audacieux Célèbrent les combats, les héros et les dieux, Que la raison sans cesse à vos écrits préside ; Ne vous écartez point de ce fidèle guide. Non qu’il faille blâmer ces généreux transports Qui du cygne thébain animent les accords : Aux banquets d’Apollon quand tu touches la lyre, Ô Lebrun, sous tes doigts tout Pindare respire ; Émule de Rousseau, peut-être son vainqueur, À peine mes regards mesurent ta hauteur ; Mon âme, en un moment sur tes pas élancée, Ne voit plus que par toi, ne suit que ta pensée ; Et, ne pouvant me perdre avec toi dans les cieux. Je t’applaudis au moins et du geste et des yeux. Mais que tu sais unir la sagesse à l’audace ! Dans tes vers, tour à tour pleins de force ou de grâce, Tantôt j’entends gronder les aquilons fougueux. Et tantôt soupirer les zéphyrs amoureux. Tu chéris la raison : ton audace immortelle À ses divins accents jamais ne fut rebelle ; Non pas cette pédante et lourde déité Que l’on nomme raison chez la stupidité ; Qui, jusque dans mes vers, d’un compas tyrannique. Introduit chaque jour l’esprit géométrique, Et plus d’une fois même à son humble niveau Prétendit rabaisser et Corneille et Boileau; Mais la raison sublime, à l’âme grande et fière, Dont l’œil suit aisément l’aigle dans la carrière ; Compagne de Newton, quand, d’un vol glorieux, Mortel il pénétra dans le conseil des dieux.
Ce poème de Chénier nous pousse à réfléchir sur l’importance de l’harmonie entre la créativité et la raison. Explorez davantage ses œuvres pour découvrir comment il a façonné la poésie française et continuez à partager vos pensées sur ce mélange inspirant du génie artistique.

💖 Soutenez notre travail ! 💖

Si nos poèmes et histoires ont touché votre cœur et apporté un peu de lumière à votre journée, nous vous invitons à soutenir notre projet, chaque don, même modeste, nous aide à continuer à créer et partager ces moments de douceur, de réflexion et d'émotion avec vous.
Ensemble, nous pouvons faire grandir cet espace dédié à la poésie et aux histoires, pour qu’il reste accessible à tous.

Merci de tout cœur pour votre générosité et votre soutien précieux. 🌟

➡️ Faites un don ici

Laisser un commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici