Sous le ciel dâOrient jâemporte ton image ;
Et dâun espoir douteux abusant mon amour,
Ta bouche me promet les baisers du retour.
Du retour !âĶ Tu lâas vu, cet ÃĐclatant navire !
Et sa poupe et ses mÃĒts de fleurs ÃĐtaient ornÃĐs ;
En ses pavillons dâor il tenait enchaÃŪnÃĐs
Et la fortune et le zÃĐphyre.
Avant peu, disait-on, il reverra le port.
Eh bien ! les jours ont fui. LâinquiÃĻte espÃĐrance
A lâhorizon des mers cherche en vain sa prÃĐsence,
Il ne reviendra plus. Si tel ÃĐtait mon sort !
HÃĐlas ! du voyageur la vie est incertaine !
Sâil ÃĐchappe aux brigands de la forÊt lointaine,
Le dÃĐsert lâengloutit dans les sables profonds,
Ou sur dâÃĒpres chemins les coursiers vagabonds
Dispersent de son char la roue ÃĐtincelante,
Et brisent sa tÊte sanglante
Au penchant rapide des monts.
Et je pars ! Ah ! dÃĐtourne un funeste prÃĐsage,
Et pour moi dÃĐsormais les cieux sâembelliront ;
Et dans mon fortunÃĐ voyage
Je verrai, pure et sans nuage,
LâÃĐtoile du bonheur rayonner sur mon front.
Extrait de:
Åuvres ComplÃĻtes de Millevoye