Poésie classique

Le Consentement

Le poème ‘Le Consentement’ de Catulle Mendès transporte le lecteur dans un univers où le dévouement d’une femme est mis à l’épreuve. Écrit à la fin du XIXe siècle, ce poème illustre la lutte entre le devoir et la peur, soulignant des thèmes intemporels tels que l’engagement familial et le courage face à l’adversité. Mendès, avec sa richesse stylistique, nous fait plonger dans cette histoire poignante qui résonne encore aujourd’hui.
Ahod fut un pasteur opulent dans la plaine.
Sa femme, un jour d’été, posant sa cruche pleine,
Se coucha sous un arbre au pays de Béthel,
Et, s’endormant, elle eut un songe, qui fut tel :
D’abord il lui sembla qu’elle sortait d’un rêve
Et qu’Ahod lui disait : « Femme, allons, qu’on se lève.
Aux marchands de Ségor, l’an dernier, j’ai vendu
Cent brebis, & le tiers du prix m’est encor dû.
Mais la distance est grande & ma vieillesse est lasse.
Qui pourrais-je envoyer à Ségor en ma place ?
Rare est un messager fidèle & diligent.
Vas, & réclame-leur trente sicles d’argent. »
Elle n’objecta point le désert, l’épouvante,
Les voleurs. « Vous parlez, maître, à votre servante. »
Et quand, montrant la droite, il eut dit : « C’est par là ! »
Elle prit un manteau de laine, & s’en alla.
Les sentiers étaient durs & si pointus de pierres
Qu’elle eut du sang aux pieds & des pleurs aux paupières.
Pourtant elle marcha tout le jour, &, le soir,
Elle marchait encor, sans entendre ni voir,
Lorsque soudain, de l’ombre, avec un cri farouche,
Quelqu’un bondit, lui mit une main sur la bouche,
D’un geste forcené lui vola son manteau
Et s’enfuit, lui laissant dans la gorge un couteau !
Le rêve, à ce moment, devint d’une horreur telle
Qu’il l’éveilla.
L’époux se tenait devant elle.
« Aux marchands de Ségor, lui dit-il, j’ai vendu
Cent brebis, & le tiers du prix m’est encor dû.
Mais la distance est grande & ma vieillesse est lasse.
Qui pourrais-je envoyer à Ségor en ma place ?
Rare est un messager fidèle & diligent.
Va, & réclame-leur trente sicles d’argent. »
La femme dit : « Le maître a parlé, je suis prête. »
Elle appela ses fils, mit ses mains sur la tête
Du fier aîné, baisa le front du plus petit,
Et, prenant son manteau de laine, elle partit.
À travers ‘Le Consentement’, Catulle Mendès nous incite à réfléchir sur le poids des attentes et du devoir. Ce poème, riche en émotions et en symboles, résonne avec ceux qui ont connu la détermination face aux défis. N’hésitez pas à explorer d’autres œuvres de cet auteur fascinant ou à partager vos réflexions sur cette pièce touchante.

Laisser un message