Les échos des neiges d’antan
Sous le ciel blême où se meurt l’astre déchu,
Errant, le jeune poète au cœur de la douleur,
Porte en lui, en silence, un rêve révolu,
D’un passé enfantin, aux doux éclats de lueur,
Maudit par le destin et l’ombre d’un serment,
Il invoque jadis ses espoirs d’antan.
II.
Sur la montagne aux cimes d’un blanc infini,
La neige éternelle berce ses songes bleutés,
Telle une mer gelée, immuable et bénie,
Où l’âme se perd, aux reflets d’un temps passé,
Et l’écho des souvenirs, murmure en secret,
Guide le pas errant vers une joie déçue, muette.
III.
Enfance flétrie, où s’efface l’innocence,
Au détour d’un sentier, aux arbres transis de givre,
Le poète se souvient d’une tendre cadence,
D’un rire jadis pur que le vent se fit livre,
Mais ces heures disparues, illusions fragiles,
S’évaporent en brume aux volutes subtiles.
IV.
Dans le frisson glacé résonne son lointain cri,
L’appel d’un passé aux doux reflets d’or,
Où l’enfant jadis chanta l’espoir infini,
Au cœur d’un printemps, baigné d’un pur décor,
Mais le sort implacable, cruel et désolé,
Frappe ce rêve éteint de sa main glacée.
V.
Là, sur ces cimes, couronné d’âcres souffrances,
Le malheureux poète, l’âme en détresse,
Se voit condamné à l’amère errance,
En quête d’un temps d’or, d’une tendre liesse,
Pour retrouver la trace d’un rire disparu,
Et l’ombre d’un bonheur jadis inconnu.
VI.
Au cœur de la blanche immensité, se dresse
L’immuable silhouette d’un souvenir enfui,
D’une enfance douce aux éclats d’ivresse,
Que nul ne saurait rallumer à l’issue,
Car le temps, impitoyable, emporte en son flot
Les rêves d’un être en proie au sort trop gros.
VII.
Ainsi, sur la neige où dansent d’impalpables pleurs,
Le jeune poète maudit, épris de son passé,
Cherche en vain, parmi ces vœux et ces ardeurs,
À retrouver l’ombre d’un amour effacé,
Mais l’hiver persiste en une mélancolie
Que ne saurait dissiper l’âme meurtrie.
VIII.
Il revoit, parfois, dans l’éclat d’un lever,
Des rires enfantins aux yeux d’un monde enfant,
Les heures d’insouciance, aux promesses d’azur,
Où l’espoir se tissait en fil d’or scintillant,
Pourtant, le destin, tel un sculpteur funeste,
A brisé l’harmonie en un éclat sinistre.
IX.
Dans ce théâtre glacé aux ombres redoutées,
Chaque pierre, chaque flocon, revêt l’empreinte
De souvenirs d’un temps jadis exalté,
Où vie et rêve se mêlaient sans contrainte,
Et le poète, aux yeux perdus dans le froid,
Égrène ses strophes d’un écho maladroit.
X.
Vie, fragile et fuyante, se meurt sous le vent,
Comme les pétales d’une rose éphémère,
Et l’enfant en lui, prisonnier du temps,
Ressuscite en vain l’image d’un doux mystère,
Celui d’une époque bénie et immaculée,
Que nul ne peut retrouver, hélas, oublié.
XI.
Le sentier sinueux dans la neige immaculée,
S’étire, nostalgique, vers des cieux déchirés,
Où le passé s’efface en une brume amère,
Et le cœur du poète, lourd de douces chimères,
S’égare dans le labyrinthe d’un rêve en fuite,
Cherchant en vain l’issue d’une nuit maudite.
XII.
Les échos d’un rire perdu dans l’horizon,
Se fondent en une complainte aux tons désolés,
Comme la claire voix d’un ange en prison,
Qu’un destin impitoyable a cruellement brisé,
Ainsi l’âme sensible se voit cruellement exilée,
Sur la montagne, en luttes perpétuelles, isolée.
XIII.
Au cœur de la nuit glacée, l’instinct se réveille,
Un soupir d’antan s’élève en mélodie,
L’enfant en lui, jadis par un rêve en éveil,
Ressent sa mémoire en une ardente symphonie,
Mais le fleuve du temps, impétueux et funeste,
Annule la joie d’un instant en une geste.
XIV.
Tandis que le vent siffle sur les crêtes perdues,
Le destin se joue des espoirs de son âme,
Lui rappelant sans cesse les heures abattues
D’un passé d’antan, délicate et infâme,
Où le bonheur semblait danser dans l’azur clair,
Avant d’être englouti par l’ombre des mystères.
XV.
« Ô douce époque ! » murmure-t-il, la voix tremblante,
« Tes reflets dorés berçaient ma tendre enfance,
Mais le temps, cruel, éteint la flamme vacillante,
Et laisse derrière lui l’amère désespérance. »
Ses mots, en écho, se mêlent aux glaces pures,
Témoignant d’un cœur en quête d’anciennes cures.
XVI.
Sur le flanc de la montagne, par un matin blafard,
Le poète se perd en rêveries incertaines,
Où son âme, naufragée d’un passé hagard,
Errant sur les crêtes, cherche des lueurs sereines,
Toute son existence se mue en quête amère,
D’un retour impossible vers un temps de lumière.
XVII.
Les souvenirs se dressent tels des monts oubliés,
Vestiges d’un être en son plus tendre jouvence,
Et le vent, complice des idées tourmentées,
Les emporte loin, refusant toute semblance,
De réunir en un instant la vie disparue,
Laissant le cœur meurtri en errance continue.
XVIII.
Ombres du passé, en reflets de luitances pâles,
Les images d’un frère jadis, d’amitié sincère,
Reviennent, fantômes légers aux formes astrales,
Pour murmurer à l’oreille des temps de lumière,
Mais, trop tard, le destin scelle la désespérance,
Effaçant en silence la trace d’une alliance.
XIX.
Dans la blancheur extrême, là, au bord de l’abîme,
Le poète se remémore les rires d’autrefois,
D’un jardin secret où l’âme trouvait son estime,
Un refuge d’innocence, d’amour et de joie,
Aujourd’hui, glacé par le temps et la fatalité,
Ce rêve est consumé par la froide adversité.
XX.
La montagne, mémoire des heures d’or disparues,
Recèle en ses creux l’empreinte des songes d’enfance,
Où se mêlent regrets, tristesse imprévue,
Et la douce rime d’une jadis tendre instance.
Le cœur du poète, naufragé et désarmé,
Voit s’évanouir en cendres ses illusions passées.
XXI.
« Vers retourner en arrière, est-il loisible,
Ce voyage à l’origine de mon être égaré ? »
Se demande-t-il, l’âme en tourment indicible,
Cherchant, en vain, l’écho d’un temps adulé,
Mais le chemin s’amenuise, se voile en silence,
Et le passé fuit, emportant sa dernière clémence.
XXII.
L’ombre d’un souvenir danse sur les parois,
Les rires d’un enfant se fondent en larmes de givre,
Où la vie, jadis douce, se brise en mille joies,
Pour laisser place à un funeste destin à suivre,
Et sous les neiges éternelles, les cœurs se brisent,
Au gré d’un retour impossible aux heures exquises.
XXIII.
Au pied des sommets, là-bas, l’horizon se voile,
Des vestiges d’un temps jadis si chaleureux,
Le jeune poète contemple, d’une âme en étoile,
La route inéluctable des souvenirs malheureux,
Et dans le fracas des vents, son âme se languit,
Car nul chemin ne ramène l’enfance qui fuit.
XXIV.
Dans la vallée obscure où s’éteignent les songes,
Lui, l’artisan des vers, sculpteur d’un destin,
Égrène en lamentations ses douleurs étranges,
Traçant en son strophe l’ultime chemin,
Où chaque pas, amer, renforce la condamnation
D’un retour jamais scellé par l’ombre du frisson.
XXV.
Voici l’heure cruelle où l’espoir se meurt en silence,
Le cœur du poète, las, se fige dans l’abîme,
Face à la montagne, en funeste désespérance,
Il pleure l’ombre d’un temps loin de ce triste rime,
Car son rêve d’enfance, envolé dans le vent,
Ainsi s’achève en tragédie son destin déchirant.