Dans ‘Les Urnes de Julie’, David Aubin de Morelles nous invite à une réflexion profonde sur la mort et l’amour perdu. Écrit à une époque où la poésie explorait les thèmes de la souffrance et de la mémoire, ce poème résonne encore aujourd’hui par sa mélancolie et son émotion palpable. L’auteur utilise des métaphores puissantes pour évoquer le passage de la vie et le lien indéfectible avec ceux que nous avons perdus.
Peu à peu s’affaiblit mon écorce mortelle,
Je reverrai bientôt ce qui me fut si cher ;
Je dresse sur un mont un odorant bûcher,
Que je vais allumant moi-même de mon aile.
Je porte au flanc la mort, son trait et sa quadrelle ‘,
Et soupirant ma fin que je sens approcher,
Je fais de mes deux yeux un grand fleuve épancher,
Pour baigner l’urne sainte où repose la belle.
Le
Cygne blanchissant dessus le mol cristal
De
Caystre2 aux doux flots chante l’hymne fatal,
Et les funèbres sons de la mort qui l’appelle :
Ainsi sur l’arbre sec et les nuits et les jours,
Cachée au fond d’un bois la chaste tourterelle
En lamentable voix soupire ses amours.
Ce poème nous rappelle que même dans la perte, l’amour persiste au-delà de la mort. Nous vous encourageons à explorer d’autres œuvres de Morelles pour continuer cette exploration du cœur humain et de ses relations complexes.