Question de se faire mince et la feuille enjambée, hop ! je me glisse rapide entre deux personnages du premier plan et gagne un coin d’où j’observe.
Par contagion, la vie se remet en marche avec lenteur et les gestes s’achèvent, qui étaient amorcés.
L’assassin abaisse son poignard.
Un sang gris, à petits traits serrés, s’écoule de la plaie des victimes, sang de fusain, dont l’odeur bientôt m’est insupportable, odeur intense d’archives
mouillées.
De la bouche, pas un cri, mais un effort
qui me perce – je sors à la hâte par le texte en dessous, couvert à mon arrivée de lettres et de points de suspension.
Je me mêle aussi à des idylles, des rondes de communiantes pour soulever leurs robes, sans danger.
Pendant que j’en mets une à mal, elle continue à tourner en chantant avec les autres, sous l’œil paisible de la
Mère supérieure.
Après, je m’essuie à la robe.
Il n’y a plus qu’à recommencer avec la suivante si l’endroit est trop déchiré.
Dans une course d’autos en couleurs, je me trouve par maladresse pris dans les roues du gagnant.
Quel gâchis !
Tout un livre saccagé.
J’en suis quitte pour quelques taches.
Néanmoins, je ne puis oublier les muettes acclamations de la foule, son enthousiasme à notre arrivée au poteau.