À ma Femme Endormie
Le poème ‘À ma Femme Endormie’ de Charles Cros, extrait de son recueil ‘Le collier de griffes’, nous invite à une réflexion profonde sur l’amour conjugal et la sérénité familiale. Écrit au début du 20ᵉ siècle, ce poème évoque la tendresse d’un mari observant sa femme et ses enfants endormis, tout en explorant la complexité des émotions humaines. À travers des mélodies apaisantes et une prose délicate, Cros capture l’essence d’un amour durable malgré les épreuves.
Tu dors en croyant que mes vers
Vont encombrer tout l’univers
De désastres et d’incendies ;
Elles sont si rares pourtant
Mes chansons au soleil couchant
Et mes lointaines mélodies.
Mais si je dérange parfois
La sérénité des cieux froids,
Si des sons d’acier ou de cuivre
Ou d’or, vibrent dans mes chansons,
Pardonne ces hautes façons,
C’est que je me hâte de vivre.
Et puis tu m’aimeras toujours.
Éternelles sont les amours
Dont ma mémoire est le repaire ;
Nos enfants seront de fiers gas
Qui répareront les dégâts,
Que dans ta vie a faits leur père.
Ils dorment sans rêver à rien,
Dans le nuage aérien
Des cheveux sur leurs fines têtes ;
Et toi, près d’eux, tu dors aussi,
Ayant oublié, le souci
De tout travail, de toutes dettes.
Moi je veille et je fais ces vers
Qui laisseront tout l’univers
Sans désastre et sans incendie ;
Et demain, au soleil montant
Tu souriras en écoutant
Cette tranquille mélodie.
Extrait de:
Le collier de griffes (posthume, 1908)
Vont encombrer tout l’univers
De désastres et d’incendies ;
Elles sont si rares pourtant
Mes chansons au soleil couchant
Et mes lointaines mélodies.
Mais si je dérange parfois
La sérénité des cieux froids,
Si des sons d’acier ou de cuivre
Ou d’or, vibrent dans mes chansons,
Pardonne ces hautes façons,
C’est que je me hâte de vivre.
Et puis tu m’aimeras toujours.
Éternelles sont les amours
Dont ma mémoire est le repaire ;
Nos enfants seront de fiers gas
Qui répareront les dégâts,
Que dans ta vie a faits leur père.
Ils dorment sans rêver à rien,
Dans le nuage aérien
Des cheveux sur leurs fines têtes ;
Et toi, près d’eux, tu dors aussi,
Ayant oublié, le souci
De tout travail, de toutes dettes.
Moi je veille et je fais ces vers
Qui laisseront tout l’univers
Sans désastre et sans incendie ;
Et demain, au soleil montant
Tu souriras en écoutant
Cette tranquille mélodie.
Extrait de:
Le collier de griffes (posthume, 1908)
Ce poème nous rappelle la beauté et la fragilité des liens familiaux. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de Charles Cros, un poète dont la poésie continue de toucher les cœurs. Partagez vos pensées sur ‘À ma Femme Endormie’ et laissez-vous inspirer par ses autres écrits.
