Au Café
Le poème ‘Au Café’ de Charles Cros, extrait de son recueil posthume ‘Le collier de griffes’, évoque avec délicatesse et humour les moments de partage autour d’une boisson chaude. Écrit au début du 20ᵉ siècle, ce texte reste pertinent pour sa représentation de la vie sociale et des émotions humaines, faisant du café un lieu de rencontre et de rêverie.
Le rêve est de ne pas dîner,
Mais boire, causer, badiner
Quand la nuit tombe ;
Épuisant les apéritifs,
On rit des cyprès et des ifs
Ombrant la tombe.
Et chacun a toujours raison
De tout, tandis qu’à la maison
La soupe fume,
On oublie, en mots triomphants,
Le rire nouveau des enfants
Qui nous parfume.
On traverse, vague semis,
Les amis et les ennemis
Que l’on évite.
Il vaudrait mieux jouer aux dés,
Car les mots sont des procédés
Dont on meurt vite.
Ces gens du café, qui sont-ils ?
J’ai dans les quarts d’heure subtils
Trouvé des choses
Que jamais ils ne comprendront.
Et, dédaigneux, j’orne mon front
Avec des roses.
Extrait de:
Le collier de griffes (posthume, 1908)
Mais boire, causer, badiner
Quand la nuit tombe ;
Épuisant les apéritifs,
On rit des cyprès et des ifs
Ombrant la tombe.
Et chacun a toujours raison
De tout, tandis qu’à la maison
La soupe fume,
On oublie, en mots triomphants,
Le rire nouveau des enfants
Qui nous parfume.
On traverse, vague semis,
Les amis et les ennemis
Que l’on évite.
Il vaudrait mieux jouer aux dés,
Car les mots sont des procédés
Dont on meurt vite.
Ces gens du café, qui sont-ils ?
J’ai dans les quarts d’heure subtils
Trouvé des choses
Que jamais ils ne comprendront.
Et, dédaigneux, j’orne mon front
Avec des roses.
Extrait de:
Le collier de griffes (posthume, 1908)
À travers ses vers, Charles Cros nous invite à apprécier ces instants de légèreté et de complicité. N’hésitez pas à explorer davantage ses œuvres pour découvrir d’autres réflexions poétiques sur la vie et les relations humaines.
