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Ballade de la Nuit D’éclipsé
La ‘Ballade de la Nuit D’éclipsé’ est une œuvre emblématique de Marcel Thiry, qui explore les thèmes de l’infortune et de la solitude à travers une métaphore évocatrice. Publié au 20ᵉ siècle, ce poème illustre le trajet d’un train qui transporte des voyageurs perdus entre deux pôles symboliques : Fortune et Infortune. Cette dualité, combinée à l’imagerie riche de l’éclipse lunaire, offre une réflexion profonde sur les choix de vie et la recherche de sens.
Fortune Infortune Fortune Infortune. Les lémures couraient le long du train nocturne, Cette nuit-là d’éclipsé totale de lune Où nous étions deux cents voyageurs tous tout seuls Entre deux villes capitales ; mais si seuls Que nous ne savions plus si nos deux villes pôles Étaient Fortune et Infortune, Si nous avions quitté Infortune ou Fortune Et d’elles deux laquelle serait l’autre Qui nous attendrait dans sa gare d’aube. Fortune Infortune, Fortune Infortune, Les lémures scandaient par les deux noms couplés Le galop des wagons avaleurs des éclisses. Si c’était Paris-Rome ou Fortune-Infortune, L’express, Et ses compartiments au quart peuplés, Qui travaillait de toute sa lente vitesse Dans le temps modifié du monde des éclipses ? Des journaux morts flottaient sur les genoux, Des voyageurs cessaient de recenser leurs jours. Car les lémures, dont c’était nuit de sortie, Faisaient rouler des sorts graves sur leurs tambours, Fortune Infortune, Fortune Infortune. Il y avait déjà la crainte sur la lune À bâbord, une approche au zénith sans nuage, Et comme en mer pour l’exercice de naufrage Les voyageurs gagnèrent le couloir bâbord. Côte à côte, bien espacés par nos décences. Bien cloisonnés par la règle d’or des silences, Adossés comme des condamnés à leur mur Pour voir décapiter la sultane la lune, Nous regardions au ciel l’ombre manger la lune. Si César allait mourir, ou si la planète Faisait le grand signal de s’abolir pour naître ? Et les lémures martelaient plus fort Leur rond tam-tam où tournoyaient les sorts, Fortune Infortune Fortune Infortune. Et la lune mourut comme on meurt pour revivre Peut-être, La nuit passa comme il faut bien passer, c’est vivre Peut-être. Deux cents voyageurs seuls mariés par une éclipse Démariés regagnant leur coin, leur journal triste. Fortune Infortune, Fortune Infortune Fortune Fortune. Un quai ralentissait le long du couloir vide. Comme entre rouge et noir la bille de fortune, La roue hésite entre Fortune et Infortune À s’arrêter. Mais dans la grise aurore un archange croupier Ou chef de gare et de la certitude Et une voix descendue de la lune Et l’édit lumineux en lettres majuscules Sur les murs de la ville, et le chœur des lémures, Jugèrent : infortune.
Ce poème de Marcel Thiry nous invite à méditer sur notre propre cheminement entre bonheur et malheur. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de cet auteur fascinant et à partager vos réflexions sur cette ballade des ombres.