Poésie classique

Ballade les Contrediz de Franc Gontier

La ‘Ballade les Contrediz de Franc Gontier’ est une œuvre majeure de François Villon, poète du XVe siècle. Dans ce poème, Villon évoque avec humour et tendresse les plaisirs simples de la vie, tels que l’amour, les repas et les moments de bonheur partagés. À travers son écriture, il nous invite à apprécier la vie telle qu’elle est, loin des tracas quotidiens. Ce poème reste d’une grande actualité dans sa réflexion sur le bonheur et la légèreté de l’existence.
Sur mol duvet assis, ung gras chanoine,
Les ung brasier, en chambre bien natee,
A son costé gisant dame
Sidoine,
Blanche, tendre, polie et attintee,
Boire ypocras, a jour et a nuytee,
Rire, jouer, mignonner et baisier,
Et nu a nu, pour mieulx des corps s’aisier,
Les vy tous deux, par ung trou de mortaise :
Lors je congneus que, pour dueil appaisier,
Il n’est trésor que de vivre a son aise.
Se
Franc
Gontier et sa compaigne
Helaine
Eussent ceste doulce vie hantée,
D’ongnons, civotz, qui causent fort alaine,
N’acontassent une bise tostee.
Tout leur mathon, ne toute leur potée,
Ne prise ung ail, je le dy sans noysier.
S’ilz se vantent couchier soubz le rosier,
Lequel vault mieulx?
Lia costoyê de chaise?
Qu’en dites-vous?
Faut il a ce musier?
Il n’est trésor que de vivre a son aise.
De gros pain bis vivent, d’orge, d’avoine,
Et boivent eaue tout au long de l’anee.
Tous les oyseaulx d’icy en
Babiloine
A tel escot une seule journée
Ne me tiendraient, non une matinée.
Or s’esbate, de par
Dieu,
Franc
Gontier,
Helaine o luy, soubz le bel esglantier :
Se bien leur est, n’ay cause qu’il me poise;
Mais, quoy que soit du laboureux mestier,
Il n’est trésor que de vivre a son aise.
Prince, jugiez, pour tous nous accorder.
Quant est a moy, mais qu’a nul n’en desplaise,
Petit enfant, j’ay oy recorder :
Il n’est trésor que de vivre a son aise.
Item, pour ce que scet sa
Bible
Madamoiselle de
Bruyères,
Donne preschier, hors l’Evangile,
A elle et a ses bachelières,
Pour retraire ces villotieres
Qui ont le bec si affilié,
Mais que ce soit hors cymetieres,
Trop bien au
Marchié au fille.
Ce poème de Villon nous rappelle que, malgré les épreuves de la vie, il est essentiel de savourer les instants précieux. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de cet auteur fascinant et à partager vos pensées sur ce poème intemporel.

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