Distrait et grave comme un fou
Le poème ‘Distrait et grave comme un fou’ d’Albert Mérat, extrait des ‘Tableaux de voyage’ (1865), nous invite à une exploration introspective des rêves et des émotions. À travers des vers richement illustrés, Mérat nous emmène dans une quête poétique où le voyage est tant extérieur qu’intérieur, révélant ainsi la profondeur de l’âme humaine. Ce poème reste significatif car il illustre parfaitement les thèmes du romantisme en mettant l’accent sur la mélancolie et la quête de sens.
Distrait et grave comme un fou,
Ayant mes rêves pour cortèges,
Je vais un peu je ne sais où
Par les pays où sont les neiges.
Je vais, et je ne saurais pas
Te dire, parfois, où nous sommes.
Mais qu’importe à qui laisse en bas
L’amas des villes et des hommes !
Que dois-je trouver en chemin
Sur cette route bienfaisante ?
Les chers yeux que j’aime, ou ta main
Plus fidèle et toujours présente ?
— Lorsque j’aurai, tout à travers
L’importunité de mes songes,
Fait du chemin et fait des vers
Gais ou tristes, mais sans mensonges.
Sachant que ton goût jeune a foi
Dans notre art, l’antique folie,
Et que tu notes comme moi,
Ton cœur avec mélancolie ;
Je n’irai pas chercher bien loin
Le lecteur ami qui comprenne
Ces poèmes, dont j’ai pris soin
D’accorder l’âme sur la tienne.
Je veux inscrire ici ton nom
Et, t’offrant la primeur hâtive
De mes vers, précieux ou non,
Te dire de façon naïve :
Rêveur pour qui l’herbe n’a pas
De fleurettes indifférentes,
A toi ce que j’ai, pas à pas,
Cueilli de strophes odorantes !
Extrait de:
Les tableaux de voyage (1865)
Ayant mes rêves pour cortèges,
Je vais un peu je ne sais où
Par les pays où sont les neiges.
Je vais, et je ne saurais pas
Te dire, parfois, où nous sommes.
Mais qu’importe à qui laisse en bas
L’amas des villes et des hommes !
Que dois-je trouver en chemin
Sur cette route bienfaisante ?
Les chers yeux que j’aime, ou ta main
Plus fidèle et toujours présente ?
— Lorsque j’aurai, tout à travers
L’importunité de mes songes,
Fait du chemin et fait des vers
Gais ou tristes, mais sans mensonges.
Sachant que ton goût jeune a foi
Dans notre art, l’antique folie,
Et que tu notes comme moi,
Ton cœur avec mélancolie ;
Je n’irai pas chercher bien loin
Le lecteur ami qui comprenne
Ces poèmes, dont j’ai pris soin
D’accorder l’âme sur la tienne.
Je veux inscrire ici ton nom
Et, t’offrant la primeur hâtive
De mes vers, précieux ou non,
Te dire de façon naïve :
Rêveur pour qui l’herbe n’a pas
De fleurettes indifférentes,
A toi ce que j’ai, pas à pas,
Cueilli de strophes odorantes !
Extrait de:
Les tableaux de voyage (1865)
En conclusion, ‘Distrait et grave comme un fou’ nous pousse à réfléchir sur notre propre voyage intérieur. Ce poème est une invitation à explorer davantage les œuvres d’Albert Mérat et à partager vos réflexions sur le pouvoir des rêves dans votre vie.
