Jeune Homme Fou par Amour
« Jeune Homme Fou par Amour » est un poème puissant d’André Chénier, un représentant de la poésie romantique française. Écrit à la fin du XVIIIe siècle, ce texte illustre les tumultes émotionnels d’un jeune homme amoureux d’une statue, reflet des désirs et des désillusions d’un amour idéal. Ce poème reste significatif pour son exploration des thèmes de la passion, de la souffrance et de la beauté immuable.
Il est fou, il est la fable de tous les jeunes
Cnidiens.
Pour lui ce
Praxitèle a, de sa main savante.
Des antres de
Paros fait sortir une amante ;
Car, malheureux rival d’Anchise et de
Paris,
Il aime ce beau marbre, image de
Cypris.
Il a su, se cachant au fond du sanctuaire,
Passer toute une nuit près de l’idole chère,
Dont les contours divins ont laissé voir au jour
La trace des fureurs d’un fol et vain amour.
Il est toujours au temple avec son immortelle.
Et là, seul, il la flatte, il lui dit qu’elle est belle,
L’appelle par des noms mielleux, tendres, brûlants,
Et parcourt à plaisir et son sein et ses flancs.
D’autres fois il arrive inquiet, irascible,
La gronde, la nommant dure, froide, insensible.
Lui dit qu’elle est de pierre et qu’elle est sans appas,
Puis lui pardonne, pleure, et la tient dans ses bras ; «Baise-moi», lui dit-il.
Et sa bouche insensée
Baise et presse longtemps cette bouche glacée,
D’un doux reproche encor la caresse ; et sa main
La punit mollement d’un injuste dédain.
Cnidiens.
Pour lui ce
Praxitèle a, de sa main savante.
Des antres de
Paros fait sortir une amante ;
Car, malheureux rival d’Anchise et de
Paris,
Il aime ce beau marbre, image de
Cypris.
Il a su, se cachant au fond du sanctuaire,
Passer toute une nuit près de l’idole chère,
Dont les contours divins ont laissé voir au jour
La trace des fureurs d’un fol et vain amour.
Il est toujours au temple avec son immortelle.
Et là, seul, il la flatte, il lui dit qu’elle est belle,
L’appelle par des noms mielleux, tendres, brûlants,
Et parcourt à plaisir et son sein et ses flancs.
D’autres fois il arrive inquiet, irascible,
La gronde, la nommant dure, froide, insensible.
Lui dit qu’elle est de pierre et qu’elle est sans appas,
Puis lui pardonne, pleure, et la tient dans ses bras ; «Baise-moi», lui dit-il.
Et sa bouche insensée
Baise et presse longtemps cette bouche glacée,
D’un doux reproche encor la caresse ; et sa main
La punit mollement d’un injuste dédain.
À travers ses vers, Chénier invite le lecteur à réfléchir sur la nature complexe de l’amour et de la folie. N’hésitez pas à découvrir d’autres œuvres de cet auteur fascinant ou à partager vos réflexions sur ce poème captivant.
