Le poème ‘La Cigale’ de Jean Anouilh aborde avec int wit et ironie le dilemme existentiel d’un artiste face aux réalités économiques. Écrit dans le cadre de la riche tradition littéraire du XXe siècle, ce poème met en lumière les tensions entre l’art et l’argent. À travers le personnage symbolique de la cigale, Anouilh nous invite à réfléchir sur les sacrifices que les artistes font pour préserver leur créativité dans un monde où les préoccupations financières peuvent être écrasantes.
La cigale ayant chanté Tout l’été, Dans maints casinos, maintes boîtes Se trouva fort bien pourvue Quand la bise fut venue. Elle en avait à gauche, elle en avait à droite, Dans plusieurs établissements. Restait à assurer un fécond placement. Elle alla trouver un renard, Spécialisé dans les prêts hypothécaires Qui, la voyant entrer l’œil noyé sous le fard, Tout enfantine et minaudière, Crut qu’il tenait la bonne affaire. « Madame, lui dit-il, j’ai le plus grand respect Pour votre art et pour les artistes. L’argent, hélas ! n’est qu’un aspect Bien trivial, je dirais bien triste, Si nous n’en avions tous besoin, De la condition humaine. L’argent réclame des soins. Il ne doit pourtant pas devenir une gêne. A d’autres qui n’ont pas vos dons de poésie Vous qui planez, laissez, laissez le rôle ingrat De gérer vos économies, A de trop bas calculs votre art s’étiolera. Vous perdriez votre génie. Signez donc ce petit blanc-seing Et ne vous occupez de rien. » Souriant avec bonhomie, « Croyez, Madame, ajouta-t-il, je voudrais, moi, Pouvoir, tout comme vous, ne sacrifier qu’aux Il tendait son papier. « Je crois que l’on s’amuse », Lui dit la cigale, l’œil froid. Le renard, tout sucre et tout miel, Vit un regard d’acier briller sous le rimmel. « Si j’ai frappé à votre porte, Sachant le taux exorbitant que vous prenez, C’est que j’entends que la chose rapporte. Je sais votre taux d’intérêt. C’est le mien. Vous l’augmenterez Légèrement, pour trouver votre bénéfice. J’entends que mon tas d’or grossisse. J’ai un serpent pour avocat. Il passera demain discuter du contrat. » L’œil perdu, ayant vérifié son fard, Drapée avec élégance Dans une cape de renard (Que le renard feignit de ne pas avoir vue), Elle précisa en sortant : « Je veux que vous prêtiez aux pauvres seulement…» (Ce dernier trait rendit au renard l’espérance.) « Oui, conclut la cigale au sourire charmant, On dit qu’en cas de non-paiement D’une ou l’autre des échéances, C’est eux dont on vend tout le plus facilement. » Maître Renard qui se croyait cynique S’inclina. Mais depuis, il apprend la musique.
En conclusion, ‘La Cigale’ est une œuvre saisissante qui mérite d’être méditée par quiconque s’intéresse à l’art et à ses contraintes. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de Jean Anouilh pour découvrir la profondeur de sa réflexion sur la condition humaine.
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