La Force des Larmes
Dans ‘La Force des Larmes’, Claude Joseph Dorat plonge le lecteur dans une réflexion poignante sur le cri de désespoir d’un peuple opprimé. Écrit dans un contexte où la révolte contre la tyrannie est palpable, ce poème résonne encore aujourd’hui par son message universel de défense de la liberté. À travers une métaphore visuelle forte, Dorat nous invite à ressentir la profondeur des souffrances et la puissance libératrice des larmes.
Consommé dans l’art des
Tibères,
D’un État malheureux le lâche usurpateut,
Sur les enfants et sur les pères.
Exerçait cet art destructeur.
Chaque parole est coupable ou suspecte.
Le silence est prescrit par la voix des bourreaux,
Qu’en frémissant tout un peuple respecte.
Les pâles citoyens se taisent sur leurs maux ;
Mais par des signes énergiques,
Des cœurs interprètes muets.
Ils exptiment leurs vœux secrets.
Et les calamités publiques.
Ces signes éloquents sont bientôt interdits.
Alors un citoyen, appesanti par l’âge,
Arrive dans la place où des rois du pays
Le bronze éternise l’image,
Et la retrace aux regards attendris.
Là, tombant à genoux au pied de la statue
Du plus aimé de tous ces rois.
Il l’arrose de pleurs, au défaut de la voix :
Sublime expression… qui ne fut pas perdue!
Le peuple interprète bientôt
Cette auguste douleur, ces profondes alarmes :
Tous les yeux sont trempés de larmes ;
Mille soupirs unis ne font plus qu’un sanglot ‘.
On instruit le tyran, et lui-même il s’avance.
II veut, pour comble de tourments.
Priver ces malheureux de leurs gémissements !…
Le désespoir leur rend l’indépendance :
Le peuple sent sa force et court à sa défense ;
Tous les bras sont armés, le sang coule à grands flots ;
La garde est égorgée, et le monstre en lambeaux.
De l’espèce humaine avilie,
Imbéciles persécuteurs,
Prenez les biens, ôtez la vie,
Mais ne défendez point les pleurs.
Tibères,
D’un État malheureux le lâche usurpateut,
Sur les enfants et sur les pères.
Exerçait cet art destructeur.
Chaque parole est coupable ou suspecte.
Le silence est prescrit par la voix des bourreaux,
Qu’en frémissant tout un peuple respecte.
Les pâles citoyens se taisent sur leurs maux ;
Mais par des signes énergiques,
Des cœurs interprètes muets.
Ils exptiment leurs vœux secrets.
Et les calamités publiques.
Ces signes éloquents sont bientôt interdits.
Alors un citoyen, appesanti par l’âge,
Arrive dans la place où des rois du pays
Le bronze éternise l’image,
Et la retrace aux regards attendris.
Là, tombant à genoux au pied de la statue
Du plus aimé de tous ces rois.
Il l’arrose de pleurs, au défaut de la voix :
Sublime expression… qui ne fut pas perdue!
Le peuple interprète bientôt
Cette auguste douleur, ces profondes alarmes :
Tous les yeux sont trempés de larmes ;
Mille soupirs unis ne font plus qu’un sanglot ‘.
On instruit le tyran, et lui-même il s’avance.
II veut, pour comble de tourments.
Priver ces malheureux de leurs gémissements !…
Le désespoir leur rend l’indépendance :
Le peuple sent sa force et court à sa défense ;
Tous les bras sont armés, le sang coule à grands flots ;
La garde est égorgée, et le monstre en lambeaux.
De l’espèce humaine avilie,
Imbéciles persécuteurs,
Prenez les biens, ôtez la vie,
Mais ne défendez point les pleurs.
Ce poème de Claude Joseph Dorat nous rappelle la force de l’émotion collective face à l’injustice. N’hésitez pas à explorer davantage ses œuvres ou à partager vos réflexions sur ce texte vibrant.
