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La Gelée d’Avril

Dans ‘La Gelée d’Avril’, Charles-Julien Lioult de Chênedollé nous transporte au cœur du printemps, riche en couleurs et en promesses. Ce poème, écrit à une époque où la nature était encore intimement liée à la vie quotidienne des agriculteurs, capture la joie et la tristesse de cette saison de renouveau. En explorant les thèmes de la beauté fugace et des aléas climatiques, cette œuvre demeure une réflexion intemporelle sur les cycles de la nature.
Avril avait repris le sceptre de l〙annûˋe,
Et, de rayons nouveaux la tûˆte couronnûˋe,
Le grand astre des cieux, libre et resplendissant,
Guidait, au haut des airs, son char ûˋblouissant.
De ses plus verts gazons la terre ûˋtait parûˋe.
Le crocus au front d〙or, l〙hûˋpathique empourprûˋe,
Jetûˋs sur la verdure en bouquets ûˋclatants,
Embellissaient dûˋjû  la robe du printemps.
Partout germaient, naissaient, et se hûÂtaient d〙ûˋclore
Les riantes tribus du royaume de Flore,
L〙hyacinthe qui s〙ouvre aux feux d〙un soleil pur,
Et l〙aimable pervenche aux pûˋtales d〙azur,
Et l〙humble violette û  l〙haleine embaumûˋe.
Mille arbres, des jardins parure accoutumûˋe,
Reprenant û  la fois leurs vûˆtements de fleurs,
Semblaient rivaliser d〙ûˋclat et de couleurs.
Des oiseaux ranimûˋs les lûˋgû´res familles,
Ou suspendaient leurs nids aux dûÇmes des charmilles,
Ou, cachûˋs dans le sein des odorants buissons,
Faisaient retentir l〙air de leurs douces chansons.
Le froment, jeune encor, sans craindre la faucille,
Se couronnait dûˋjû  de son ûˋpi mobile,
Et, prenant dans la plaine un essor plus hardi,
Ondoyait û  cûÇtûˋ du trû´fle reverdi.
La cerisaie en fleurs, par avril ranimûˋe,
Emplissait de parfums l〙atmosphû´re embaumûˋe.
Et des dons du printemps les pommiers enrichis
BalanûÏaient leurs rameaux empourprûˋs ou blanchis.
***
Ohô ! comme alors, quittant le sein bruyant des villes,
On aimait û  fouler les campagnes fertilesô !
Que les prûˋs ûˋtaient beauxô ! Que les yeux enchantûˋs
Erraient avec plaisir sur leurs fraûÛches beautûˋsô !
û€ l〙aspect des trûˋsors que la terre dûˋploie,
Les laboureurs, comblûˋs d〙espûˋrance et de joie,
Rûˋpûˋtaient û  l〙envi que, depuis quarante ans,
Aucun d〙eux n〙avait vu de plus riche printemps.
Un soir, assis au seuil de l〙antique chaumiû´re,
Mûˋril, vieux laboureur au front octogûˋnaire,
Reportant tour û  tour son regard attendri
De ses belles moissons û  son verger fleuri,
Contemplait du printemps les brillantes promesses,
Et de l〙ûˋtûˋ dûˋjû  saluait les richesses.
〔 Quatre-vingts fois, armûˋ de ses noirs aquilons,
L〙hiver a, disait-il, ravagûˋ nos vallonsô ;
Le printemps, ranimant leur verdure fanûˋe,
Quatre-vingts fois aussi renouvela l〙annûˋe,
Depuis que, dirigeant le fer agriculteur,
Je me livre avec joie û  l〙art du laboureur.
J〙ai vu dans mes enclos descendre l〙abondanceô ;
La moisson a souvent passûˋ mon espûˋranceô ;
Mais jamais je n〙ai vu, sur nos fertiles bords,
Avril au mûˋtayer ouvrir tant de trûˋsors.
Ouiô ; nos labeurs encore auront leur rûˋcompenseô !
Je pourrai donc encor secourir l〙indigence,
Je pourrai l〙assister, quoique je sois bien vieux
Et que d〙un pied je touche aux tombes des aû₤euxô !
Mais quels que soient les jours que me rûˋserve encore
La bontûˋ de ce Dieu que sans cesse j〙implore,
Je n〙oublierai jamais les faveurs et les dons
Qu〙il verse en ce printemps sur nos jeunes moissons,
Et je mourrai content puisqu〙encor ma vieillesse
De nos champs une fois a revu la richesse.ô ô£
Il dit. Du lendemain il rû´gle les travaux,
Puis regagne sa couche et se livre au repos.
***
Mais du soir, tout û  coup, les horizons rougissentô ;
Le ciel s〙est colorûˋ, les airs se refroidissent,
Et l〙ûˋtoile du nord, qu〙un char glacûˋ conduit,
û‰tincelle en tremblant sur le sein de la nuit.
Soudain l〙ûÂpre gelûˋe, aux piquantes haleines,
Frappe û  la fois les prûˋs, les vergers et les plaines,
Et le froid aquilon, de son souffle acûˋrûˋ,
Poursuit dans les bosquets le printemps ûˋplorûˋ.
C〙en est faitô ! Une nuit d〙haleine empoisonnûˋe
A sûˋchûˋ dans sa fleur tout l〙espoir de l〙annûˋe.
Le mal se cache encor sous un voile incertainô ;
Mais quand l〙aube eut blanchi les portes du matin,
Que son premier rayon ûˋclaira de ravagesô !
Tout du fougueux Borûˋe attestait les outrages.
Le fruit tendre et naissant, que septembre eû£t dorûˋ,
Par le souffle ennemi s〙offre dûˋcolorûˋ.
La vigne, autre espûˋrance, en proie û  la froidure,
A du pampre hûÂtif vu mourir la verdure.
L〙ûˋpi, dans ses tuyaux vainement ûˋlancûˋ,
Est frappûˋ par le givre, et retombe affaissûˋ.
Le pommier, que parait sa fleur prûˋmaturûˋe,
A vu tomber l〙honneur de sa tûˆte empourprûˋeô ;
Et, plus honteux encor, de ses bouquets flûˋtris
L〙arbre de Cûˋrasonte a pleurûˋ les dûˋbris.
***
û€ l〙aspect du flûˋau, que de larmes coulû´rentô !
Mais quand le jour s〙accrut, les sanglots redoublû´rent,
Et les vieux laboureurs, au dûˋsespoir rûˋduits,
Se montraient, en pleurant, tant de trûˋsors dûˋtruits.
Mûˋril, non sans verser bien des larmes amû´res,
Du hameau ruinûˋ dûˋplora les misû´resô ;
Mais, d〙une ûÂme chrûˋtienne, il soutint ses malheurs,
Et le malheur d〙autrui seul lui coû£ta des pleurs.
Il disaitô : ô¨ô Puisqu〙un Dieu si bon, si tutûˋlaire,
A fait sur nos guûˋrets descendre sa colû´re,
De nos erreurs sans doute il ûˋtait mûˋcontent.
Amis, rûˋsignons-nous. Je l〙avoû£rai pourtant,
J〙ai regret û  ces blûˋsô ; car plus d〙un misûˋrable
Dans ma grange eû£t trouvûˋ la gerbe secourable.
Mais nos jours sont mûˆlûˋs d〙amertume et de fiel,
Et l〙on doit se soumettre aux volontûˋs du ciel.ô ô£
Extrait de:
û‰tudes Poûˋtiques
Ce poème nous invite à contempler la fragilité des beautés printanières et à apprécier les moments précieux tant qu’ils durent. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de cet auteur poignant et à partager vos réflexions sur ce magnifique poème.

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