H. P. Lovecraft, célèbre pour son univers d’horreur cosmique, nous offre avec ‘La Piste Très Ancienne’ une réflexion poignante sur la mémoire et l’oubli. Ce poème évoque le voyage d’un narrateur à travers des paysages familiers, où se mêlent nostalgie et frissons d’angoisse. À une époque marquée par les questionnements existentiels, cette œuvre résonne encore aujourd’hui par sa profonde exploration des thèmes de l’identité et du temps qui passe.
Il n’y eut pas de main amie qui me retienne La nuit où je trouvai la piste très ancienne Qui franchissait les monts, quand je crus découvrir Ces champs qui depuis peu hantaient mon souvenir. Cet arbre et puis ce mur, je les reconnaissais, Les toits et les vergers et les ombrages frais M’étaient très familiers, présents à ma mémoire Comme pour raconter une récente histoire. Je savais quelles ombres je verrais s’allonger Lorsque finalement la lune à son lever Apparaîtrait, brillante, au-dessus de Zaman, Pour baigner la vallée de sa lueur safran. Et lorsque le sentier devint plus raide encor, S’élançant vers le ciel dans un ultime essor, Je le gravis sans peur, sans craindre un seul instant Ce que je trouverais, là sur l’autre versant. Je marchais vaillamment, dans la phosphorescence Du clair de lune pâle, dont la lumière dense Révélait les pignons, les murs, les colombiers De ces fermes spectrales qui bordaient le sentier. J’aperçus une borne et je la reconnus – « Une lieue pour Dunwich » – et maintenant la vue De lointaines maisons et d’un clocher pointu S’étendrait devant moi, après dix pas de plus… Il n’y eut pas de main amie qui me retienne La nuit où je trouvai la piste très ancienne Et atteignis la crête pour voir les contreforts D’une vallée perdue, d’une vallée de morts : Au-dessus de Zaman, le mince croissant d’une Maléfique et sombre et redoutable lune Se levait sur les lierres et les pierres moussues De ruines lézardées que je n’avais pas connues. Les feux follets dansaient sur landes et marais. Des étranges ruisseaux une brume montait Dont les grises volutes niaient à mon effroi Que jadis j’avais pu connaître cet endroit. Sous mes yeux éclatait l’amère vérité, Mon passé bien-aimé n’avait pas existé Je ne me trouvais pas non plus sur cette sente Descendant vers la tombe pleine d’âmes errantes. Autour de moi la brume – au-delà la jonchée, De poussières d’étoiles parmi la Voie Lactée … Il n’y eut pas de main amie qui me retienne La nuit où je trouvai la piste très ancienne.
En conclusion, ‘La Piste Très Ancienne’ nous pousse à interroger notre propre histoire et les souvenirs qui nous définissent. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de H. P. Lovecraft pour plonger plus profondément dans l’univers fascinant qu’il a créé.
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