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L’Orage

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L’Orage d’Amable Tastu, écrit en 1858, est un poème poignant qui explore les thèmes du désespoir et de la nostalgie face à la guerre et à ses conséquences. Dans une époque marquée par des conflits, Tastu réussit à capturer l’essence de la douleur causée par la perte de sa patrie et l’angoisse d’une âme troublée. Ce poème reste significatif pour son pouvoir évocateur et son exploration des émotions humaines face à l’adversité.
L’éclair luit, le tonnerre gronde!
Le voile d’une nuit profonde
S’étend sur la face des cieux.
D’où vient qu’en mon âme oppressée
S’agite l’image effacée
De jours dĂŠjĂ  loin de nies yeux?
Ces jours, oĂš la terre natale
Aux mains d’une ligue fatale
Livrait ses foyers envahis,
OĂš la gloire, en fuyant nos armes,
Vit couler mes premières larmes
Sur les malheurs de mon pays!
Où des combats l’écho sonore,
De la peine endormie encore
Hâta le funeste rÊveil;
OĂš, peuplant mes tranquilles rĂŞves,
Des fantĂ´mes armĂŠs de glaives
Troublèrent mon jeune sommeil.
Je croyais voir, des toits en flammes,
S’enfuir les enfans et les femmes,
Les ĂŠpoux tomber sous le fer,
Et, penchĂŠe au bord de ma couche,
Plus d’une fois d’un cri farouche
Je crus entendre frémir l’air.
Cependant mon âme alarmÊe
Voyait encor l’Europe armée
PrĂŞte Ă  reculer devant nous:
Unique vœu, grâce dernière,
Que ma confiante prière,
Du Ciel attendait Ă  genoux.
Peut-être ainsi durant l’orage
La simple fille du village
Allume le cierge sacrĂŠ;
Et sa foi naĂŻve et profonde
Oppose Ă  la foudre qui gronde
L’eau sainte et le buis consacré.
Mais l’orage dans sa furie
Redouble! et j’ai vu ma patrie
Plier enfin son front puissant;
Un jour j’entendis à nos portes
Le pas des lointaines cohortes
Sur le pavĂŠ retentissant.
Et moi, près du foyer penchÊe,
La tète dans mes mains cachÊe
Fuyant mĂŞme des yeux amis,
J’essayais, dans ma triste veille,
De dĂŠrober Ă  mon oreille
Le bruit des tambours ennemis!
Ainsi de ces jours d’épouvante
Dans mon sein l’image est vivante,
Rien encor ne l’a pu bannir;
Et de mes plus belles annĂŠes
Les heures les plus fortunĂŠes
Ont glissĂŠ de mon souvenir.
La joie est une fleur lÊgère;
Du présent l’aile passagère
La fait naĂŽtre et la voit mourir;
Mais une blessure guĂŠrie
Au souffle du temps qui varie,
Parfois nous fait encor souffrir.
De nos plaisirs les ans avides
N’épargnent sous leurs pieds rapides
Que les vestiges des douleurs,
Nos traits où le rire s’efface,
Long-temps hĂŠlas gardent la trace
Qu’en passant y creusent les pleurs!
Extrait de:
1858, PoÊsies Complètes
L’Orage nous pousse à réfléchir sur l’impact des guerres sur les individus et leurs souvenirs. N’hésitez pas à partager vos réflexions sur ce poème ou à explorer d’autres œuvres d’Amable Tastu qui mettent en lumière la condition humaine.
Auteur:Amable Tastu

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