comme si elles étaient des habits bien rangés
dans une armoire propre
Elles sont à l’inverse, exactement
Tu dois donc te mouvoir avec violence
te déplacer entre les coins les plus tendus
pour voir l’image telle qu’elle est
Premièrement : l’image n’a pas d’odeur
Il n’y a que des vapeurs azurées
s’élevant lentement de flaques
où des cadavres d’âges divers surnagent
Deuxièmement : les couleurs n’apparaissent pas
Ceci est une lumière malade
et là-bas, au fond, une clarté défunte
Quant à l’unique hauteur, au milieu
de la photo, derrière
la vue précédente, c’est la montagne brûlée
et à son pied se déroule une guerre désespérée
dans la tribu des mots
Troisièmement : il y a un mouvement périlleux
que l’œil fixe ne peut percevoir
et qui nécessite grandement un œil se mouvant
au rythme de la douleur et de la jouissance extrêmes
Tu peux maintenant imaginer – à ta guise -la sérénité de ce photographe