Ce poème original suit une petite lanterne sous la pluie, fragile en apparence mais capable de tenir tête à toute la nuit. Il parle d’un espoir discret, presque tremblant, qui ne supprime pas l’averse mais empêche le cœur de s’y perdre entièrement.
La pluie reprend la rue
comme une page qu’on relit trop bas ;
chaque goutte y cherche un nom,
chaque flaque y garde un visage.
Au bord de l’eau, une lanterne
ne sait pas qu’elle est petite.
Elle offre son cœur d’ambre
aux herbes couchées, aux pierres froides,
au vent qui passe sans répondre.
Je m’arrête devant elle
avec mes poches pleines de silence.
La nuit descend par morceaux,
mais la flamme recoud doucement
ce que le ciel déchire.
Alors je comprends :
l’espoir n’est pas un soleil immense,
ni la promesse d’un matin facile.
C’est parfois cette veilleuse têtue,
ce tremblement d’or sous l’averse,
qui refuse de laisser la rivière
emporter tout notre chemin.
