Le poème ‘Le Testament de la Guerre’ de Jean Molinet, écrit au 15ème siècle, se distingue par son engagement émotionnel face aux tragédies insurmontables causées par la guerre. À travers des images frappantes et une profonde réflexion, Molinet dénonce les souffrances infligées par les conflits et évoque la nécessité d’une prise de conscience collective. Cette œuvre reste pertinente aujourd’hui, nous rappelant les conséquences désastreuses de la violence humaine.
La guerre suis en train de mort, Qui n’attent que à passer le pas ; Mais conscience me remort Tant fort que j’en pers mon repas ; Et pour cause que je n’ay pas Satisfaict aux miens plainement, Il me fault, avant mon trespas, Faire mon petit testament. … Je laisse aux abbaïes grandes Cloistres rompus, dortoirs gastés, Greniers sans bled, tronez sans offrandes, Celiers sans vins, fours sans pastés, Prélatz honteux, moisnes crottés, Pertes de biens et de bestaille Et, pour redressier leurs costés, Sus leurs dos une grande taille. … Je laisse au povre plat pays Chasteaux brisiés, hosteux brullés, Terres a riés, gens esbahis, Bregiers battus et affollés, Marchans murdris et mutillés De grans cousteaux et de courbés, Et corbaux crians a tous lés Famine dessus les gibetz. … Je laisse aux jeunes estourdis En vieillesse peine et tourment, Qui Bourgs et Chasteaux plus de dix Ont acquis cauteleusement, Piteux cris et gemissements, Gouttes aux mains, bras décroisez, Et avant leur deffinement, Le danger d’être racoursez. … Je laisse au pillart espillé La pillade qui va pillant, Tant qu’ung pilleur l’aura pillé, Plus gorrier et plus espillant : S’il est en pillart aggrapillant, Il pillera sa pillerie, Et l’autre qui fut espillant Sera noyé en pillerie. … Je laisse aux vueilx souldars sans dens, Bientaillez d’etre mal souppés, Lesquels par bien donner dedens, Ont plusieurs membres decoupez ; Aucuns ont piedz et poings griffez, Par approcher les horions, Et les aultres fort brelaffrez, Plaindans leurs grandes passions. … Je laisse à ceulx qui sans raison Ont ravy les biens de ce monde, Vrays heritiers de la maison De l’ennemy ord et immonde : Qui sus la pillade se fonde, Et veult d’aultruy l’argent despendre, Il se lance en bourbe profonde ; Cer enfin convient rendre ou pendre.
En conclusion, ‘Le Testament de la Guerre’ interpelle chacun sur les horreurs de la guerre. Réfléchissez à ses thèmes et n’hésitez pas à explorer davantage les écrits de Jean Molinet pour enrichir votre compréhension de la poésie médiévale.
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