Le poème ‘Le Dernier’ de Jean de Bosschère, écrit en juillet 1946, aborde des thèmes profonds d’amour, d’identité et de lutte contre l’oubli. À travers une langue riche et évocatrice, l’auteur explore la complexité de l’existence humaine et l’éternité de l’amour. Cette œuvre reste pertinente aujourd’hui, invitant les lecteurs à réfléchir sur leur propre relation avec le temps et les valeurs.
Essence aveugle sourde muette PensĂ©e qui prend lieu dans ma substance â dont l’existence est dans le vaisseau bĂąti de la persĂ©vĂ©rance Ă travers les Ă©poques de la terre comprises dans l’Ă©ternel â que j’accueille dans mes bras et dans l’esprit qui en moi fĂ©conde l’entente â pour qui dĂšs l’Ăąge oĂč nous Ă©tions baves mĂȘlĂ©es Ă l’ocĂ©an j’ai maintenu ouvertes les portes afin que nulle portion du havre jamais ne lui fĂ»t interdite â qui ignore les temples cabanons d’argile terrestre les coquilles Ă cĂ©nobites et les commis aux confessions les savants aux fĂ©tiches et totems et aux signes immobiles les manchots, bigles pieds-bots des chapelles borgnes â dont je suis Ă travers les cycles ordonnĂ©s dans l’Ă©ternitĂ© dont je suis la nourrice la nourrice qui la nourrit de son lait le gardien sans armes le chanteur orgueilleux â dont l’Homme splendide enchaĂźnĂ© dans les sectes Ă pennons et les dimensions Ă©phĂ©mĂšres dont l’Homme croissant malgrĂ© les proscriptions dont l’Homme resplendissant malgrĂ© les clans et les patries les mensonges et les familles dont l’Homme resplendissant utilise chaque saison des Ăąges quelques gorgĂ©es de plus de sa puissance efficace et lui cĂšde chaque saison des Ăąges quelques acres de plus de son immensitĂ© originelle â dont on a voulu souiller la vertigineuse aristocratie et l’existence suprĂȘme dans le choix et l’exigence dans la stratification des valeurs â qui n’est pas ici si je l’oublie dont la tragĂ©die serait mon oubli et qui ne me voit pas et pourtant je me veux nourrir de ce qui ne me voit pas â ce que j’Ă©lĂšve comme un enfant antique suspendu dans l’insensible sur l’abĂźme de nos abandons et de nos dĂ©sordres C’est l’Amour qui conduit le dĂ©blaiement pour sa croissance au prix de l’obscure et solitaire chair humaine â qui termine l’effroyable polarisation de l’esprit dans les temps de terres et de controverses â qui termine par la chastetĂ© ou le suicide l’effroyable stagnation dans les impasses des fantĂŽmes Son Orgueil l’Honneur qu’il est n’est pas plus contenant tout les deux et les abĂźmes pensĂ©s les gloires et les Ă©popĂ©es n’est pas plus enveloppant saturant et imprĂ©gnant que le mien sĂ»r et forcenĂ© que mon Amour orgueilleux Et lĂ -bas, dans les terres on arracha l’orgueil Ă l’Homme Ă l’Homme qui naissait resplendissant qui naissait Ă l’honneur et mĂȘme la pauvretĂ© et l’espoir furent niĂ©s Ă leur source par un dam Et si tu veux ĂȘtre tout orgueil ineffable secret et sans gage ni vanitĂ© mercenaire et si tu refuses d’ĂȘtre un spectacle moral ou louange Ă©difiante si je vois les confusions opportunes la veule admission des faits je dresse l’orgueil contre les consentements charitables de la raison aux rotations Ă©ternelles de la chair et de la peur Et puis face Ă face quand l’Amour atteint au zĂ©nith l’Homme est Splendeur Nous sommes l’enfant Ă©ternel de notre Amour nourri de l’Essence intelligente dans l’Homme resplendissant Juillet 1946
À travers ‘Le Dernier’, Bosschère nous pousse à revoir notre relation avec l’amour et notre essence humaine. N’hésitez pas à explorer d’autres œuvres de cet auteur fascinant et à partager vos réflexions sur ce poème intemporel.
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