Dans ‘Les Fleuves’, Jorge Luis Borges nous invite à une méditation profonde sur la nature éphémère du temps et de la mémoire. Écrit en 1985, ce poème reflète les préoccupations existentielles de Borges, explorant les thèmes du passage du temps et de l’identité à travers la métaphore du fleuve. L’auteur, figure emblématique de la littérature argentine, utilise un langage riche et évocateur, révélant la beauté et la tristesse inhérentes à notre existence.
Nous sommes le temps Nous sommes la fameuse parabole d’Héraclite l’Obscur, Nous sommes l’eau, non le diamant dur, celle qui se perd, non celle qui repose. Nous sommes le fleuve et sommes ce Grec qui se mire dans le fleuve. Son reflet change dans l’eau du changeant miroir, dans le cristal qui change comme le feu. Nous sommes le vain fleuve fixé d’avance, en route vers sa mer. L’ombre l’a encerclé. Tout nous dit adieu, tout s’éloigne. La mémoire ne frappe pas sa monnaie. Et pourtant il y a quelque chose qui reste et pourtant il y a quelque chose qui geint. Extrait de: 1985, Les Conjurés
Ce poème poignant pousse le lecteur à réfléchir sur son propre rapport au temps et à la mémoire. En découvrant ‘Les Fleuves’, vous êtes invités à explorer d’autres œuvres de Borges, qui capturent également la complexité de la condition humaine.
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