Le poème ‘Dénonciation du Corps’ de Jacques Izoard offre une exploration fascinante de la sensualité et de la mémoire à travers le prisme du corps. Écrit au XXe siècle, Izoard utilise des métaphores puissantes et un langage dense pour illustrer la complexité des expériences humaines. Ce poème reste pertinent aujourd’hui, incitant à réfléchir sur notre rapport au corps et à nos émotions.
Corps où les doigts, les femmes laissent, blanches, cent empreintes, où le goût du thé longe l’empire de la . jambe, où tu vins, comme un laitier sans cri, sans nervures, libérer mon jade, mon corsaire. Nous fûmes ce que nous fûmes. Ton récit de trains et de roses, je le suivais, neutre et attentif. Apparut nu celui qui parle, et glissent en moi l’arbre colorié, la haine alanguie, l’étui fourré de menthe; rêve en moi l’encre possessive (et ses fragments, ses incertitudes, ses continents, ses fracas, ses contemplations mates); je serre ton corps, qu’importe, le vois de la jambe à la jambe, le sais là de tous ses os, de toutes ses vieilleries, de tous ses organes sans nom, évanouis, essentiels pourtant. Rompre, et pampre, ou pourpre. Et pourquoi ce clair-obscur? Pourquoi ce mouvement de la main qui écrit quand hurle celui qui naît ailleurs? Et parole. Et parole enfermée. Tu bouges dans ta peau sans savoir l’aventure du corps. Tu viens vers moi. J’essaye de le croire, de l’écrire, de le dire, de le lire. Ville enfoncée dans les maisons, dans les carcasses. Tu casses le sang. Avide, te voici lépreux sous les bras. Que disions-nous de celle qui nous enveloppe, nous trompe ? Fardeau de citrons et de socs, ton corps vers l’hiver déchire les linges oubliés, les turbans tachés de rouille, et le sang se répand sous la peau, plus vite, inondation nocturne, où le meurtre est vain, où les oiseaux plats filent ventre à terre, comme de folles guillotines. Avare, tu parles, tu touches toi-même le papier, la peau, l’œil. Et c’est une lenteur de terre fraîche, de tissu mouillé. L’obstination mûre des sueurs, le calvaire sec du sang, la jactance insensée des prunelles ; tu tournes vers moi un visage qui n’est pas le tien; les poignets près des cuisses, les tuiles rouges où des gardiens battent des voleurs… Dans mon bras, ton poing serre des touffes et des aisselles, des blocs de houille, des seins de neige. Estaminet sans peuplade ou chambre de chaleur.
À travers ‘Dénonciation du Corps’, Jacques Izoard nous pousse à considérer les multiples couches de significations enfouies sous la surface de notre existence corporelle. N’hésitez pas à explorer d’autres œuvres de cet auteur pour plonger encore plus profondément dans sa vision du monde.
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