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La Dernière Âme

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Catulle Mendès, poète du 19ᵉ siècle, nous offre dans ‘La Dernière Âme’ une réflexion profonde sur la quête d’immortalité et la désillusion qui accompagne la vie. À travers ses mots puissants et mélancoliques, il évoque des images vives de solitude et d’oubli, rendant ce poème incontournable pour quiconque s’intéresse à la condition humaine.
Le ciel était sans dieux, la terre sans autels.
Nul réveil ne suivait les existences brèves.
L’homme ne connaissait, déchu des anciens rêves.
Que la Peur et l’Ennui qui fussent immortels.
Le seul chacal hantait le sépulcre de pierre.
où, mains jointes, dormit longtemps l’aÃŊeul sculpté ;
Et, le marbre des bras s’tant émietté,
Le tombeau même avait désappris la prière.
Qui donc se souvenait qu’une âme eût dit : Je crois !
L’antique oubli couvrait les divines légendes.
Dans les marchés publics on suspendait les viandes
A des poteaux sanglants faits en forme de croix.
Le vieux soleil errant dans l’espace incolore
Était las d’clairer d’insipides destinsâ€Ķ
Un homme qui venait de pays très lointains,
Me dit : ÂŦ Dans ma patrie il est un temple encore.
ÂŦ Antique survivant des siècles révolus,
ÂŦ Il s’croule parmi le roc, le lierre et l’herbe,
ÂŦ Et garde, encor sacré dans sa chute superbe,
ÂŦ Le souvenir d’un Dieu de qui le nom n’est plus. Âŧ
Alors j’abandonnai les villes sans église
Et les cœurs sans élan d’espérance ou d’amour
En qui le doute même était mort sans retour
Et que tranquillisait la certitude acquise.
Les jours après les jours s’coulèrent. J’allais.
Près de fleuves taris dormaient des cités mortes ;
Le vent seul visitait, engouffré sous les portes,
La Solitude assise au fond des vieux palais.
Ma jeunesse, au départ, marchait d’un pied robuste.
Mais j’achevai la route avec des pas tremblants ;
Ma tempe desséchée avait des cheveux blancs
Quand j’atteignis le seuil de la ruine auguste.
Déchiré, haletant, accablé, radieux,
Je dressai vers l’autel mon front que l’âge écrase,
Et mon âme exhalée en un grand cri d’extase
Monta, dernier encens, vers le dernier des dieux !
Ce poème de Catulle Mendès nous rappelle que même dans les moments les plus sombres, la quête d’une connexion spirituelle peut offrir un semblant d’espoir. N’hésitez pas à explorer d’autres œuvres de cet auteur talentueux et à partager vos réflexions sur le poème.

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