Dans ‘Les Immobiles’, Philippe Delaveau nous plonge dans un paysage urbain désolé, où la solitude et l’angoisse se mêlent. Écrit dans une période marquée par des bouleversements sociaux, ce poème évoque la lutte contre l’indifférence d’une ville qui semble froide et hostile. À travers des images puissantes et évocatrices, Delaveau nous invite à ressentir la profondeur de la mélancolie humaine et l’impact d’un environnement dévasté sur l’âme.
Les immobiles se terrent, le dos Contre la façade lépreuse des immeubles; l’aube Ne descendra plus sur la ville hostile. Un crépuscule Ensanglante le crachat des yeux coagulés; le froid Règne sur les pavés raboteux, fait battre les vantaux De l’écurie déserte. Le froid, la boue, l’eau plus inerte Que ces yeux morts. Les mots retombent Sur les visages détruits, l’œuvre insolite, les monstres Qui trônent sur les cimaises. L’ombre accroît sous le pont Son haleine verdie. Je s’éloigne de soi, plus rien Ne se pourra connaître, la même bile Se répand sur les goudrons de la mer obscure Et même le poème ne sait plus concevoir.
Ce poème poignant souligne la fragilité de l’existence humaine face à un monde impitoyable. Invitez-vous à réfléchir sur les thèmes de la solitude et de l’angoisse, et explorez davantage les œuvres de Philippe Delaveau pour découvrir d’autres reflets de son univers singulier.
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