Le poème ‘Vous’ de Louis Calaferte est une œuvre captivante qui explore la profondeur des relations humaines et la lutte intérieure qui en découle. Écrit au 20ᵉ siècle, ce poème résonne encore aujourd’hui par sa façon unique de mêler beauté et critique sociale. Calaferte, connu pour son style incisif, nous invite à réfléchir sur notre propre existence et sur la société dans laquelle nous évoluons.
Vous ne savez pas combien je m’obéis durement Entre moi et vous, il y a moi. Vous ne vous en doutez toujours pas, mais je suis là. Mon Dieu, tenez-moi dans votre élévation. Mettons si vous voulez un badigeon bleu pomme et des larmes de lait ou de miel un smoking de chez le grand faiseur un accent d’angora quelque chose d’antique étincelles en moire le cuir anglais d’antan un glabre majordome deux ou trois aunes du plus noble des shirting limited C° and C° Milan à l’Opéra la virtualité insigne d’un grimoire une grappe de fruits le craquant d’un biscuit et même un peu d’orgeat Mettons si vous voulez un cerveau d’astronome Et ce sera la nuit Vous êtes belle belle belle Vous êtes belle comme un calorifère Si je vous disais tout ! On ne vous pardonne pas de vous suffire à vous-même. Indécise cité des femmes vos mains beaux peignes effilés vos mains de feuilles fortes ô mains fidèles et adroites nous vous fûmes confiés indociles à vous fuir mains d’ondées ô gracieuses à nos têtes d’enfants exerçant leur science exorables légères mains à bouquets mains à blessures mains salutaires à nos fronts Épouses des enfants Si vous voulez le fond de ma pensée, préparez-vous à une chute vertigineuse. Vous avez laissé faire un monde de corruption. Vous avez laissé faire un monde de mensonge. Vous avez laissé faire un monde de lâcheté. Vous avez laissé faire un monde d’ignorance. Vous avez laissé faire un monde de routine. Vous avez laissé faire un monde de pauvreté. Vous avez laissé faire un monde de souteneurs. Vous avez laissé faire un monde d’équarrisseurs. On arrête. On emprisonne. On torture. On assassine. Et maintenant – qu’est-ce que vous espérez ? Non, je ne suis pas mort, mais que ça ne vous empêche pas de m’envoyer des fleurs. RÉCOMPENSE Si vous êtes raisonnables toute la semaine Si vous faites bien vos devoirs Si vous apprenez bien vos leçons Si vous ne vous battez pas avec vos camarades Si vous ne tirez pas la queue du chien Si vous mangez bien votre soupe Si vous ne faites pas crier votre grand-mère Si vous vous lavez les mains avant de vous mettre à table Si vous vous brossez bien les dents Si vous allez vous coucher sans pleurer Si vous faites votre prière tout seuls Si vous êtes bien sages avec maman Dimanche on ira voir papa à l’asile Je vous laisse tomber. Je ne marche pas dans vos conneries d’avenir idyllique. Choses dites (CME, )
À travers ‘Vous’, Louis Calaferte nous pousse à examiner non seulement la beauté des autres, mais aussi les complexités qui nous habitent. Ne manquez pas d’explorer davantage ses œuvres pour enrichir votre compréhension de la poésie moderne et de ses profondeurs.
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