Le poème ‘Avril’ de Remy Belleau, extrait de ‘La Bergerie’ (1565), capture l’essence du printemps et de son impact sur la nature. À travers une riche évocation sensorielle, Belleau nous invite à découvrir la renaissance qui s’opère chaque avril, révélant la beauté des fleurs et l’éveil des sens. Ce poème intemporel demeure significatif pour ceux qui apprécient la richesse de la poésie française et la connexion avec la nature.
Avril, l’honneur et des bois Et des mois, Avril, la douce espérance Des fruits qui sous le coton Du bouton Nourrissent leur jeune enfance ; Avril, l’honneur des prés verts, Jaune, pers, Qui d’une humeur bigarrée Émaillent de mille fleurs De couleurs Leur parure diaprée ; Avril, l’honneur des soupirs Des zéphyrs, Qui, sous le vent de leur aile, Dressent encore es forêts Des doux rets Pour ravir Flore la belle ; Avril, c’est ta douce main Qui du sein De la nature desserre Une moisson de senteurs Et de fleurs, Embaumant l’air et la terre. Avril, l’honneur verdissant, Florissant Sur les tresses blondelettes De ma dame, et de son sein Toujours plein De mille et mille fleurettes ; Avril, la grâce et le ris De Cypris, Le flair et la douce haleine ; Avril, le parfum des dieux Qui des cieux Sentent l’odeur de la plaine. C’est toi courtois et gentil Qui d’exil Retire ces passagères, Ces arondelles qui vont Et qui sont Du printemps les messagères. L’aubépine et l’aiglantin, Et le thym, L’oeillet, le lis et les roses, En ceste belle saison, À foison, Montrent leurs robes écloses. Le gentil rossignolet, Doucelet, Découpe dessous l’ombrage Mille fredons babillars, Frétillars Au doux chant de son ramage. C’est à ton heureux retour Que l’amour Souffle à doucettes haleines Un feu croupi et couvert Que l’hiver Recelait dedans nos veines. Tu vois en ce temps nouveau L’essaim beau De ces pillardes avettes Voleter de fleur en fleur Pour l’odeur Qu’ils mussent en leurs cuissettes. Mai vantera ses fraîcheurs, Ses fruits meurs Et sa féconde rosée, La manne et le sucre doux, Le miel roux, Dont sa grâce est arrosée. Mais moi je donne ma voix À ce mois, Qui prend le surnom de celle Qui de l’écumeuse mer Voit germer Sa naissance maternelle. Extrait de: La Bergerie (1565)
En célébrant les merveilles du mois d’avril, Remy Belleau nous rappelle l’importance de la nature dans nos vies. Nous vous encourageons à explorer davantage ses œuvres et à partager vos réflexions sur ce poème vibrant de vie.
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