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Ça ?

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Dans le poème ‘Ça ?’, Tristan Corbière souligne avec humour et ironie les complexités de l’art et de la création littéraire. Écrit en 1873, ce texte issu de ‘Les Amours jaunes’ se distingue par son ton désenchanté et ses interrogations sur l’authenticité et l’originalité des œuvres artistiques. Ce poème demeure d’actualité, posant des questions qui résonnent encore aujourd’hui dans le monde de la poésie et des arts.
What ?… (SHAKESPEARE.) Des essais ? – Allons donc, je n’ai pas essayé ! Étude ? – Fainéant je n’ai jamais pillé. Volume ? – Trop broché pour être relié… De la copie ? – Hélas non, ce n’est pas payé ! Un poëme ? – Merci, mais j’ai lavé ma lyre. Un livre ? – …Un livre, encor, est une chose à lire !… Des papiers ? – Non, non, Dieu merci, c’est cousu ! Album ? – Ce n’est pas blanc, et c’est trop décousu. Bouts-rimés ? – Par quel bout ?… Et ce n’est pas joli ! Un ouvrage ? – Ce n’est poli ni repoli. Chansons ? – Je voudrais bien, ô ma petite Muse !… Passe-temps ? – Vous croyez, alors, que ça m’amuse ? – Vers ?… vous avez flué des vers… – Non, c’est heurté. – Ah, vous avez couru l’Originalité ?… – Non… c’est une drôlesse assez drôle, – de rue – Qui court encor, sitôt qu’elle se sent courue. – Du chic pur ? – Eh qui me donnera des ficelles ! – Du haut vol ? Du haut-mal ? – Pas de râle, ni d’ailes ! – Chose à mettre à la porte ? – …Ou dans une maison De tolérance. – Ou bien de correction ? – Mais non ! – Bon, ce n’est pas classique ? – À peine est-ce français ! – Amateur ? – Ai-je l’air d’un monsieur à succès ? Est-ce vieux ? – Ça n’a pas quarante ans de service… Est-ce jeune ? – Avec l’âge, on guérit de ce vice. … ÇA c’est naïvement une impudente pose ; C’est, ou ce n’est pas çà : rien ou quelque chose… – Un chef-d’œuvre ? – Il se peut : je n’en ai jamais fait. – Mais, est-ce du huron, du Gagne, ou du Musset ? – C’est du… mais j’ai mis là mon humble nom d’auteur, Et mon enfant n’a pas même un titre menteur. C’est un coup de raccroc, juste ou faux, par hasard… L’Art ne me connaît pas. Je ne connais pas l’Art. Préfecture de police, 20 mai 1873 . Extrait de: Les Amours jaunes (1873)
Ce poème incite à réfléchir sur notre propre rapport à l’art et à apprécier la diversité des créations. N’hésitez pas à explorer davantage les œuvres de Tristan Corbière ou à partager vos réflexions sur ce poème.

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