Le poème ‘Complainte’ de Siméon-Guillaume de La Roque plonge les lecteurs dans le tourbillon de l’amour et de la souffrance. Écrit à une époque où la poésie touchait aux sentiments les plus profonds, ce texte évoque les douleurs d’un cœur épris mais malheureux. À travers des métaphores riches et une musicalité à couper le souffle, La Roque nous offre un aperçu essentiel de l’âme humaine face à l’inaccessible.
Or que la nuit et le silence Donnent place à la violence Des tristes accents de ma voix, Sortez mes plaintes désolées, Etonnez parmi ces vallées Les eaux, les rochers et les bois. Je viens sous la fraîcheur de l’ombre Pour augmenter l’amoureux nombre De ceux que j’y vois transformés, Blâmant le sujet de ma peine, Qui pour changer ma forme humaine A les dieux jaloux réclamés. Courant à mon mal volontaire Je suis en passe ‘ solitaire Changé par trop de cruauté : L’ingrate dont j’ai l’âme atteinte, Le veut, afin que par ma plainte J’aille éternisant sa beauté. Depuis caché sous ce plumage, Nuit et jour parmi ce bocage Je fais retentir ma langueur : Mais enfin ma belle adversaire Tout soudainement me fait taire Si je parle de sa rigueur. Maintenant la mort courroucée Se fait objet de ma pensée, L’espoir m’est un monstre odieux : Le jour m’importune et m’ennuie, Si bien qu’en cette obscure vie Je me passerais de mes yeux. Narcis quand ton amour extrême Te changea mourant pour toi-même, Ton feu s’éteignit promptement : Mais las, ma flamme est continue ! Pour avoir ma forme perdue, Je n’ai point perdu mon tourment. Ainsi mon amour mémorable Aura ce loyer misérable, Puisque la cause est sans pitié. Ah ! combien son âme est cruelle, Croyant que qui ne meurt pour elle Fait preuve de peu d’amitié. Enfin réduit à la constance Mon cœur s’apprend à la souffrance, Mes yeux s’accoutument aux pleurs; En ce lieu je vis plein d’alarmes, Contant mes erreurs par mes larmes, Et ses beautés par mes douleurs. Vous forêts à qui je raconte La fureur du mal qui me dompte, Croyez qu’Amour me fait parler ; Je ne mens point de mon martyre , Car si la douleur m’en fait dire, Le respect m’en fait bien celer. Passants, témoins de la tristesse D’un chevalier qu’une déesse Exile en ce lointain séjour, Annoncez par toute la terre Qu’autant qu’il fut heureux en guerre, Il est misérable en amour.
En fin de compte, ‘Complainte’ nous rappelle que l’amour peut être à la fois une source d’inspiration et de souffrance. Ce poème invite les lecteurs à explorer les autres œuvres de La Roque et à partager leurs propres réflexions sur les complexités de l’amour.
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