Le poème ‘Et que J’attende’ de Jean de Bosschère, écrit au début du 20ᵉ siècle, s’inscrit dans une période de questionnements autour de la spiritualité. À travers des images puissantes et une introspection profonde, l’auteur nous invite à réfléchir sur notre relation avec le divin et les poids que cette interaction peut engendrer. Ce poème, riche en émotions, trouve encore écho aujourd’hui, résonnant auprès de quiconque a déjà ressenti l’éloignement ou la tension avec une entité supérieure.
Mon Dieu dont je fis des images aux couronnes mal taillées — mais ne suis-je pas un homme sourd, muet et aveugle — Et si je vous offense de maigres symboles stéréotypés — vous qui laminez ma vie, mes os et ma cervelle — n’est-ce pas que vous avez remplacé l’aptitude de mon corps comme un monstre marin envahit une étroite coquille. Lourde bête de crocs envenimés et de flèches mortelles je vous ai rencontré, antique, sur la plage des mondes Et nul ne sut jamais comment la vaincre par les chants ou la hache ignorant le nœud de son être et comment s’ouvre l’orifice intelligent de l’oreille. Si tu m’habites avec une ténébreuse jalousie — ô bête plus lourde que la planète et du poids exact de l’univers — dénoue le secret qui au fond de mon âme sache s’adresser à mon cœur Tu sais mon honneur et l’acier où j’enferme les secrets et que ma voix mourrait ici quand tu me divulguerais les signes et les mots. Or, quand ainsi je murmure dans la nuit du siècle mon Dieu est là, farouche, peut-être hargneux certes intimidité devant l’immensité dont lui-même s’est par moi comblé paralysant les muscles de ma voix et les articulations de mon cœur humain ô Dieu éternel, sans hommes. De tout ce que vous m’avez accordé O Dieu, bête gigantesque, avenir éternel de tout cela souffle et rebondit sur vous l’horreur de votre don prématuré. O Dieu que j’élève comme un germe fragile comme une plante avide peu acclimatée et à qui je n’ai pu à qui rien ne put donner l’âge adulte de la plénitude Depuis notre âge du mollusque comme un épiphyte vous avez grandi sur la chair de l’homme Et avez-vous oublié tous les chemins que nous polissions devant ceux qui attendaient de vous leur être et leur aliment et avez-vous oublié nos forces et nos facultés d’entendre avez-vous décidé épouvantablement votre abstention à l’essor naissant de votre croissance à la prime lueur du jeune espoir Quand vous aurez pour vivre épuisé notre sagesse que vous retournerez votre visage vers nous ô Dieu, que ferez-vous de cet ambitieux du ciel (Comment bâillonner aujourd’hui cet infernal cavalier du désert on ne s’entend plus avec lui penser exacerbé de Lucifer).
En contemplant la profondeur de ‘Et que J’attende’, le lecteur est encouragé à explorer davantage l’œuvre de Jean de Bosschère, tout en réfléchissant à sa propre spiritualité et à ses luttes intérieures. N’hésitez pas à partager vos pensées sur ce poème puissant.
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